Sarkozy mis en examen: Les «amitiés» de Juppé, la phrase de Copé et le silence des candidats à la primaire

REACTIONS Les rivaux de Nicolas Sarkozy pour la primaire à droite ne se sont pas privés de réagir à la mise en examen du patron des Républicains...

L.C.

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Alain Juppé à Dijon en octobre 2015.
Alain Juppé à Dijon en octobre 2015. — Tardivon JC/SIPA

Après la nouvelle mise en examen de l’ancien président dans l’affaire du financement de sa campagne de 2012, les soutiens n’ont pas tardé à se faire entendre à droite. Quelques ténors de l’opposition n’ont toutefois pas pu s'empêcher de lancer quelques piques à leur (probable) futur adversaire lors de la primaire à droite.

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Les « amitiés » de Juppé

Difficile de ne pas deviner l’ironie qui point dans le tweet d’Alain Juppé qui adresse à son rival ses « amitiés dans les moments difficiles » et « souhaite pour nous tous que Nicolas Sarkozy fasse prévaloir son bon droit ».

 

 

Mais les amabilités d’Alain Juppé n’ont pas dupé l’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, qui a affirmé ce mercredi sur Europe 1 qu'« avoir été condamné n’empêche pas d’être candidat à la primaire ». Un tacle à peine voilé à l’attention du principal rival de son client, Alain Juppé, condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis assortis d’un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la maire de Paris.

En revanche, les autres candidats à la primaire se sont pour la plupart gardés de réagir. Ni François Fillon, ni Bruno Le Maire, ni Nathalie Kosciusko-Morizet n’ont réagi pour l’instant.

Seul Hervé Mariton a officiellement commenté la nouvelle. «Je ne suis pas venu pour taper sur Nicolas Sarkozy», a-t-il déclaré ce mercredi sur iTélé. «Ce n'est pas mon rôle et mon envie. Dans notre famille politique, il y a d'abord un sentiment de solidarité». Mais contrairement à l'optimisme affiché par les proches de l'ancien président, il estime qu'une «mise en examen n'est jamais une bonne nouvelle».

Le sourire et la pique de Copé 

En revanche, Jean-François Copé aurait souri en apprenant la nouvelle mardi, comme le rapporte le journaliste du Figaro Loïc Besson, photo à l'appui. 

Le rival de Nicolas Sarkozy qui donnait mardi soir une conférence à la Paris Business School aurait lancé cette phrase assassine : «Si j'avais été mis en examen, jamais je n'aurais pu me présenter à la primaire».

 

Une pique qu'il avait déjà prononcée sur le plateau du JT de France 2 dimanche soir. « Jamais je n’aurais imaginé être candidat si j’avais été mis en examen », avait affirmé Jean-François Copé après avoir annoncé sa candidature, moins d’une semaine après avoir lui-même échappé à une mise en examen dans l’affaire Bygmalion. Hasard ou anticipation de l’actualité judiciaire ? Les proches du patron des Républicains s’interrogent ce mercredi.

Pour Eric Ciotti, hostile au maire de Meaux, ce « hasard de calendrier » est « un peu étonnant ». « Aurait-il eu une information avant ? Je ne saurais le croire ». « En tout cas cette motivation pour être candidat à la présidentielle me paraît à tout le moins superficielle », a-t-il tranché.

 

«Certains semblent prendre un vrai plaisir à m'opposer à Nicolas Sarkozy», a remarqué ce mercredi Jean-François sur Twitter, avant d'ajouter : «Je pense à lui dans ce moment difficile et le verrai dès qu'il le souhaitera».

Les éléments de langage

Hormis ces quelques piques des rivaux de Nicolas Sarkozy, les Républicains s'alignent pour soutenir leur patron. Tous minimisent la portée de sa mise en examen et répètent les mêmes éléments de langage, tweetés par le sénateur LR Pierre Charron qui a exprimé son « soulagement après 12 heures d’audition ! » 

 

Des éléments de langage également partagés par le fils de Nicolas Sarkozy, Louis, qui ajoute : «Allez merci... Suivant !»