Etat d'urgence: Le Parlement vote aujourd'hui sur la prolongation

SECURITE Le Parlement s’apprête à entériner la prolongation jusqu’à fin mai de l’état d’urgence instauré après les attentats de novembre…

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale. (Illustration)
Assemblée nationale. (Illustration) — LCHAM/SIPA

Après les sénateurs la semaine dernière, les députés vont s'exprimer ce mardi sur la prolongation de l'état d'urgence. En présence du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, c'est au tour des députés d’approuver l’application jusqu’au 26 mai de ce régime d’exception issu d’une loi de 1955, qui a permis à ce jour plus de 3.000 perquisitions administratives, 400 assignations à résidence, et un attentat a été déjoué grâce à une telle perquisition.

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Manuel Valls sera dans la matinée devant les députés socialistes pour évoquer son nouveau gouvernement, mais aussi ce vote qui aura lieu en fin de journée. « C’est une certitude » qu’il y aura d’autres attentats « d’ampleur » en Europe et « cet hyperterrorisme est là pour durer », a affirmé samedi le Premier ministre lors de la Conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne).

La sécurité prime les libertés

L’Assemblée avait validé à la quasi-unanimité en novembre dernier (551 pour, 6 contre et 1 abstention) une première prorogation de l’état d’urgence (au-delà des 12 jours initiaux) pour trois mois, jusqu’au 26 février, ainsi qu’un renforcement des mesures permises.

Les députés du Front de gauche, qui s’étaient prononcés favorablement en novembre, vont voter contre, en l’absence de « justifications » à son maintien, selon leur chef de file André Chassaigne.

Les écologistes, dont trois membres s’étaient opposés à la première prolongation, devraient être un peu plus nombreux mardi à s’élever contre la poursuite de ce régime qui fait que « la sécurité prime les libertés », selon Noël Mamère, qui doit défendre une motion de rejet.

Chez les socialistes, où trois « frondeurs » avaient voté contre en novembre, cette opposition ne devrait pas faire tache d’huile, pronostique un responsable du groupe.

Un « péril imminent » souligné

Alors que mercredi dernier sur le projet de révision constitutionnelle, qui prévoit notamment d’inscrire le régime de l’état d’urgence dans la Constitution, pas moins de 83 membres du groupe PS ont voté contre et 36 se sont abstenus, « il n’y aura pas de porosité » avec ce scrutin, assure-t-on.

Le gouvernement justifie le maintien de l’état d’urgence par un « péril imminent » qui demeure, mais aussi par la nécessité dans les prochaines semaines de « prendre les mesures qui renforceront, dans la durée, les moyens des autorités judiciaires et administratives pour lutter contre le terrorisme », selon les mots de Manuel Valls.