Identité nationale, valeur du travail, défense de la famille: Sarkozy présente son projet pour 2017

PRIMAIRE Nicolas Sarkozy a présenté ce dimanche « un texte » sur les orientations du parti pour 2017, en guise de clôture du Conseil national Les Républicains (LR)...

Delphine Bancaud

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Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national Les Républicains, le 13/02/2016
Credit:WITT/SIPA/1602131844
Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national Les Républicains, le 13/02/2016 Credit:WITT/SIPA/1602131844 — SIPA

Un discours fleuve de 45 minutes lors duquel il a insisté sur ses marottes : l’identité nationale, la sécurité, la valeur du travail. Nicolas Sarkozy a présenté ce dimanche « un texte » sur les orientations du parti pour 2017, en guise de clôture du Conseil national Les Républicains (LR), porte de Versailles à Paris. Mais plusieurs ténors du parti, estimant que ce texte n’engage que Nicolas Sarkozy, n’étaient pas présents pour l’écouter.

Pour leur répondre, Nicolas Sarkozy a répété que son texte serait soumis au débat dans les fédérations, avant d’être amendé et surtout approuvé en avril par l’ensemble des adhérents de LR. Il ne s’est pas privé non plus de tacler ses concurrents : « Les Français attendent de la clarté, au-delà des postures, au-delà des calculs, au-delà des arrières pensées. Cela vaut sur la déchéance de nationalité, comme sur tant d’autres sujets », a-t-il déclaré.

 

Réformer le marché du travail

Vantant la valeur du travail, qui a toujours été au cœur de son programme présidentiel, en 2007 comme en 2012, il a tenu un discours résolument pro entreprises. « La compétitivité des entreprises doit être notre priorité absolue », a-t-il affirmé, en déclarant que la grande ambition des Républicains était de « refonder notre modèle social ». « Seule une baisse massive des charges et la réforme du marché du travail peuvent relancer l’emploi », a-t-il affirmé, en ajoutant que son parti refusait « le partage du temps de travail et les 35 heures ».

Toujours sur le volet social, Nicolas Sarkozy a remis au goût du jour son refus de l’assistanat, en expliquant que la solidarité ne pouvait pas être délivrée « sans contrepartie ». « Les Républicains exigent qu’il y ait une différence marquée entre celui qui travaille et celui qui ne travaille pas », a-t-il martelé. Dans la continuité, Nicolas Sarkozy a prôné la fin de certains privilèges : « Nous exigeons l’extinction des régimes spéciaux de retraite qui n’ont plus lieu d’être », a-t-il indiqué.

« Il n’y a pas de République sans ordre »

Tapant fort sur la politique pénale et sécuritaire de la gauche, Nicolas Sarkozy a suscité l’adhésion de son auditoire en déclarant : « La République ce n’est pas la culture du laxisme ». Il a prôné le rétablissement des peines plancher, la réforme de la justice des mineurs, la construction de places de prison et la fermeté absolue envers les auteurs d’agressions des forces de l’ordre. « Les Républicains refusent que soient mis sur le même plan la victime et le délinquant », a-t-il martelé. « Il n’y a pas de République sans ordre », a-t-il résumé.

Toujours prompt à se saisir d’un de ses sujets fétiches, l’identité nationale, Nicolas Sarkozy a prôné l’assimilation, plutôt que l’intégration. Selon lui, « les racines chrétiennes de la France » ne doivent pas être « victimes d’une immigration sans limite ou d’un communautarisme qui n’a pas sa place dans notre pays ». Il s’est aussi prononcé pour que la neutralité religieuse soit encadrée dans les entreprises. Mais refusant que son discours soit assimilé à celui du Front National, le président des Républicains a rappelé que son parti refusait « tout accord local, départemental et régional avec le FN ».

Sur l’Europe, Nicolas Sakozy n’a pas non plus mâché ses mots, en insistant sur la nécessité d’un meilleur contrôle des frontières. « Tant qu’un Schengen 2 n’aura pas été mis en œuvre, les Républicains demanderont que la France contrôle pas elle-même ses frontières », a-t-il déclaré.

La politique éducative du gouvernement cloué au pilori

Se positionnant comme un fervent défenseur de la famille, Nicolas Sarkozy a rappelé que son parti s’opposait à la GPA, qu’il rejetait la remise en cause du quotient familial et la fiscalisation des allocations familiales. L’occasion aussi pour lui de tacler la politique éducative du gouvernement : « Nous refusons en bloc la théorie du genre, la réforme de l’orthographe et tous les pédagogiques qui sont évidemment contraires à l’identité culturelle de la France », s’est-il écrié.

Il a prôné aussi le retour de la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants absentéistes, insistant que sa volonté de voir primer « la culture du mérite » plutôt que « la culture de l’excuse ». Vantant la méritocratie, il a indiqué que les Républicains croyaient « dans les classements, dans les bourses au mérite et dans les notes ».

Sans hésiter à proposer à nouveau une idée qui avait suscité la polémique chez les enseignants : l’augmentation de leur temps de travail ! « Nous voulons l’équité, nous refusons l’égalitarisme », a-t-il résumé. Un discours qui a été salué par des applaudissements nourris, malgré les absents…