Remaniement: Jean-Vincent Placé moqué sur Twitter, mais Jean-Vincent Placé nommé

GOUVERNEMENT Pour celui qui avait fait de la course au maroquin un objectif affiché, c'est une libération...

Maud Pierron

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Jean-Vincent Placé a vu mercredi en François Hollande "un magicien du verbe" qui a excellé sur la forme lors de sa conférence de presse, mais le président du groupe EELV au Sénat a maintenu ses réserves sur sa stratégie économique.
Jean-Vincent Placé a vu mercredi en François Hollande "un magicien du verbe" qui a excellé sur la forme lors de sa conférence de presse, mais le président du groupe EELV au Sénat a maintenu ses réserves sur sa stratégie économique. — Joel Saget afp.com

C’était moins une. Il aura fallu attendre le (probable) dernier remaniement du quinquennat de François Hollande pour que Jean-Vincent Placé entre au gouvernement. Il a été nommé ce jeudi secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat auprès du Premier ministre. Son ambition d’obtenir un maroquin, avouée voire clamée, lui a valu des moqueries de ces petits camarades écologistes mais aussi des internautes, qui s’en sont donné à cœur joie. Il faut dire que l’écologiste avait non seulement l’ambition de rentrer au gouvernement, mais avec certaines exigences, comme le rappelle ce tweet :


Du coup, après l’annonce de sa nomination, les internautes ont continué à moquer le « Rastignac » vert :


Interrogé sur BFM TV en avril 2015 sur ses ambitions ministérielles, l’ex-n°1 d’EELV, assumait déjà, cinglant : « Il n’y a qu’en France que l’on demande ça aux responsables politiques. Il y a un état d’esprit qui fait qu’il faudrait toujours critiquer celui qui affiche des ambitions. C’est incroyable combien dans ce pays on essaye de caricaturer des gens qui, oui, comme moi, affiche une ambition que je pense extrêmement saine. »

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Mini-séisme chez les écolos

Au début du quinquennat de François Hollande, Jean-Vincent Placé, alors président du groupe écologiste au Sénat, se montrait sans pitié pour la politique du gouvernement. Mais, après que Cécile Duflot a claqué la porte du gouvernement en avril 2014, dans la foulée de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, il a commencé à changer de ton. Jusqu’à prendre, la plupart du temps, le parti du président contre celui de Cécile Duflot, redevenue simple députée, et à encenser François Hollande, qu’il peut qualifier de « magicien du verbe », par exemple… Et à plaider, à chaque remaniement, pour un retour au gouvernement, avec François de Rugy et Barbara Pompili, contre Cécile Duflot et une (bonne) partie d’EELV.

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Au final, la rupture a été consommée en août dernier, avec le premier départ de François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l’Assemblée, du parti vert. Suivi peu après par Jean-Vincent Placé. Les deux ont ensuite créé un parti, que certains voyaient comme une entité destinée à permettre l’entrée au gouvernement de ces écolos en rupture de ban. Au gouvernement, Jean-Vincent Placé retrouvera l’actuelle patronne d’EELV, Emmanuelle Cosse, qui a accepté la main tendue du chef de l’Etat, plongeant son parti dans un nouveau mini-séisme.