Front national: La grande réunion de famille pour préparer 2017

POLITIQUE Au menu des discussions : socle programmatique, organisation et professionnalisation du parti, lancement de la candidature à l’Elysée de Marine Le Pen et les législatives...

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, présidente du FN, lors d'une convention européenne du groupe Europe des nations et des libertés, le 28 janvier 2016 à Milan (Italie).
Marine Le Pen, présidente du FN, lors d'une convention européenne du groupe Europe des nations et des libertés, le 28 janvier 2016 à Milan (Italie). — FLAVIO LO SCALZO/AGF/SIPA

« C’est une sorte de conclave. On y rentre en imaginant des choses et on en ressort avec d’autres idées ». Le « séminaire de réflexion » du Front national a des airs de sacré pour Sébastien Chenu, délégué national du Rassemblement bleu marine. Mais la réunion frontiste ne se fera pas dans la chapelle Sixtine, mais au Country Club d’Etiolles, dans l’Essonne, de vendredi à dimanche. Une grosse cinquantaine de personnes est attendue, avec les membres du bureau politique, les parlementaires frontistes et des « compagnons de route », tels que le maire de Béziers Robert Ménard.

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Au menu des discussions : socle programmatique, organisation et professionnalisation du parti, lancement de la candidature à l’Elysée de Marine Le Pen, les législatives de 2017, et surtout, « comment passer de 48 % à 51 % aux élections », résume l’eurodéputé Edouard Ferrand. Sans oublier les fondamentaux du parti telle que « la submersion migratoire », précise le directeur du Front national jeunesse, Gaëtan Dussausaye.

Programme économique mis en avant

L’euro et le changement de nom sont aussi à l’ordre du jour, mais « les positions du parti ne devraient pas changer dans un premier temps », affirme un cadre frontiste. « Il y a un consensus sur le nom du parti. On peut en changer, mais pas dans l’immédiat. Pareil pour l’euro. On veut en sortir car nous pensons que le système actuel n’est pas viable, mais sans pour autant être dogmatique », résume-t-on. La ligne édictée par le vice-président de la stratégie et la communication Florian Philippot ne devrait donc pas souffrir de contradicteurs, bien que Louis Aliot ait récemment appelé à un « changement important » sur cette question.

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« A titre personnel, je souhaiterai que l’accent soit mis sur les entreprises », avance le secrétaire général du FN Nicolas Bay. Ce séminaire devrait donc être l’occasion de « plus et mieux parler de la liberté des entreprises, de les rendre compétitives dans le cadre d’un Etat protecteur », mais aussi d’une nécessaire « baisse des charges », ajoute l’eurodéputé.

« Il y a des gens qui ne s’entendent pas, mais c’est le cas dans toute organisation politique »

Quant à la position des alliances en vue des élections, rien de nouveau n’est attendu. Le FN souhaite recomposer le paysage politique marqué par le bipartisme. « Les ralliements individuels, c’est bien, mais ça ne va pas très loin », précise Sébastien Chenu. « Nous n’avons aucun intérêt à nous allier aux autres partis, car cela nous tuerait. Ce qui est important, c’est de convaincre ce bloc central qui a voté à 55 % pour le non au référendum [sur une constitution européenne] de mai 2005 », ajoute l’ancien membre de l’UMP.

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Mais, promis, ces discussions « ouvertes et sans tabou », selon Nicolas Bay, ne seront pas le lieu de règlements de comptes. Quand bien même le puissant Florian Philippot en agace pas mal dans les rangs frontistes. « Il y a des gens qui ne s’entendent pas, mais c’est le cas dans toute organisation politique », minimise Sébastien Chenu. « Il y a des susceptibilités et quelques rivalités, mais au fond tout le monde est à peu près d’accord sur la même ligne », abonde Nicolas Bay. Quant à Marine Le Pen, elle viendra résumer les conclusions de ce séminaire au journal de 20 heures de TF1 lundi. Et semer les petits cailloux de sa candidature à la présidentielle de 2017.