Ségolène Royal aux militants: «Nous sommes tous à La Rochelle!»

UNIVERSITE D'ETE Pour l'ancienne candidate à la présidentielle, c'est maintenant que commence la rénovation du Parti socialiste...

A La Rochelle, Bastien Bonnefous

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Le premier secrétaire du PS François Hollande a estimé, jeudi à La Rochelle, que les socialistes devaient désormais "réfléchir sur la durée du travail sur toute la vie" plutôt que de proposer le rétablissement des 35 heures mises à mal par les mesures gouvernementales.
Le premier secrétaire du PS François Hollande a estimé, jeudi à La Rochelle, que les socialistes devaient désormais "réfléchir sur la durée du travail sur toute la vie" plutôt que de proposer le rétablissement des 35 heures mises à mal par les mesures gouvernementales. — Xavier Leoty AFP

Ou bien Ségolène Royal a de l’humour, ou bien elle a de sérieux problèmes de vue. A quelques heures de l’ouverture de l’université d’été de La Rochelle, boycottée cette année par la plupart des éléphants socialistes, l’ex-candidate à la présidentielle, qui recevait la presse sur le ponton d’un navire musée, a lancé sans ciller : «nous sommes tous à La Rochelle !». Après lui avoir fait remarquer que ni DSK, ni Fabius, ni Lang, ni Jospin, ni Aubry, n’étaient de la partie, Ségolène Royal a répondu, sans se démonter : « ça ne me gêne pas du tout ». Une manière de dire tant que moi, je suis là…

La candidate battue en mai dernier, a décidé de venir en paix à La Rochelle. Pas de critique, que du constructif. Vantant la « qualité des participants » et « l’état d’esprit des militants », Ségolène Royal considère que l’université d’été est « une étape très importante de La Rochelle dans la rénovation » du PS. En début d’après-midi, lors de la séance d’ouverture des débats, Ségolène Royal, applaudie debout par un tiers de la salle seulement, exhorte les socialistes à «préparer tous ensemble des lendemains dont nous serons très fiers».

Des universités d’été considérées «sans enjeu» puisque le congrès du parti, prévu en 2008, est «encore éloigné». Pas question donc d’aiguiser les angles. Au contraire, celle qui se disait durant la campagne une candidate libre et affranchie du PS, n’en a désormais que pour le parti. «Je veux que mon parti change, bouge, que l’imagination revienne», a-t-elle lancé. «Parlons nous normalement !», a-t-elle proposé, alors qu’elle-même se dit, en cette rentrée, la «cible» d’attaques de responsables par livres interposés.

En revanche, pas question de s’attarder sur les sujets qui fâchent. Indiquant qu’elle n’assistera pas dimanche au discours de clôture de François Hollande (qui n’a pas assisté au sien aujourd’hui), Ségolène Royal a expliqué que « ce qui compte, c’est le débat d’idées, pas la peopolisation ». « Je ne veux pas me prêter au mélange entre vie privée et vie politique », a-t-elle ajouté à l’encontre de son ancien compagnon, alors que le magazine «Choc», après «Closer», a publié vendredi matin des photos du Premier secrétaire du PS avec sa nouvelle compagne. Interrogée par la presse sur la composition de ses soutiens au sein du PS, ou sur sa volonté de déposer une motion au congrès de 2008, Ségolène Royal a botté en touche à plusieurs reprises, expliquant que « ce n’est pas le moment ».

Celle qui a publiquement regretté d’avoir été désignée trop tard comme candidate à la présidentielle, a désormais choisi de définir elle-même son timing.