PS: les éléphants boycottent, les jeunes coqs du PS affûtent leurs egos

UNIVERSITE D'ETE Sans la plupart des grandes têtes du parti, La Rochelle devrait tourner pour l’essentiel à un chassé-croisé médiatique entre Hollande et Royal...

A La Rochelle, Bastien Bonnefous

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas. En 2006, près de 400 journalistes du monde entier étaient venus observer à la loupe les éléphants socialistes à La Rochelle, alors que commençaient tout juste les primaires du parti pour la présidentielle. Pas un responsable, pas un lieutenant, pas un courant, ne manquaient alors à l’appel. Cette année, c’est tout le contraire : La Rochelle morne plage.

La défaite de la présidentielle est passée par là, la campagne de Ségolène Royal – menée en partie contre les ténors du PS - aussi. Résultat, les éléphants boycottent. Avec un mot d’excuse plus ou moins valable selon les cas. Dominique Strauss-Kahn, candidat à la direction du FMI, est en tournée en Amérique latine. Martine Aubry, maire de Lille, est retenue par la grande braderie de la ville. Lionel Jospin, voisin de l’île de Ré, préfère rester chez lui. Jack Lang, lui, planche sur la réforme des institutions que lui a commandée Nicolas Sarkozy. Quant à Laurent Fabius, on ne sait trop bien : certains de ses proches évoquent un voyage impératif à l’étranger sans préciser où, d’autres confient que l’ancien Premier ministre veut prendre du recul pour mieux incarner la figure du sage socialiste.

Snobisme
Ces grands absents ne manqueront pas d’être tâclés par la direction du PS. Avec comme argument poids lourd : comment prôner sans relâche depuis quatre mois la rénovation du parti, en snobant l’une de ses premières étapes ? « N’exagérons rien non plus, La Rochelle n’a jamais été un lieu décisif où tout se règle», rétorque Manuel Valls, le fringant député-maire d’Evry (Essonne), qui fait un simple aller-retour aujourd’hui en Charente-Maritime, sous prétexte d’inauguration de la foire de Corbeil-Essonne samedi…

Traquenard
D’autres, comme le sénateur Jean-Luc Mélenchon, se font plus direct : pas question pour cette figure de la gauche du PS, de participer à un « cadre superficiel de congratulations de la direction », évoquant carrément un « traquenard ».

Plancher sur la rénovation
Sans la plupart des grandes têtes du parti, La Rochelle devrait effectivement tourner pour l’essentiel à un chassé-croisé médiatique entre François Hollande et Ségolène Royal, tous deux présents. Mais, pour les quelque 4.000 militants et cadres qui ont fait le déplacement, l’occasion est surtout donnée de plancher, sans paillette ni fracas, sur l’avenir du PS, via des ateliers-débats sur « la droitisation de la société française » ou «l’offre idéologique de Nicolas Sarkozy». Une ambiance studieuse qui pourrait aussi permettre aux jeunes lions socialistes – les Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Faouzi Lamdaoui, Razzye Hammadi, ou encore Aurélie Filippetti – de se faire davantage remarquer. Et permettre les combats d’egos de demain.