VIDEO. Le «rétrécissement» du gouvernement rend une primaire nécessaire, juge la gauche du PS

POLITIQUE La tenue d’une primaire à gauche est de plus en plus nécessaire, estime la gauche du PS après la démission de Christiane Taubira…

Anne-Laëtitia Béraud

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L'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira, le 27 janvier 2016 à Paris.
L'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira, le 27 janvier 2016 à Paris. — Jacques Brinon/AP/SIPA

La turbulente Christiane Taubira est désormais hors du gouvernement. A dix-huit mois de l’élection présidentielle, le départ de la Garde des Sceaux est, pour l'aile gauche du PS, le signal d’un « rétrécissement » du gouvernement.

« Le gouvernement se rétrécit encore avec le départ de Christiane Taubira, explique à 20 Minutes la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann. « Après le départ de la gauche sociale du gouvernement, c’est désormais la fin de la gauche sociétale », précise l’ancienne ministre.

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La démission de Christiane Taubira succède aux départs fracassants, en 2014, des ministres Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, et des écologistes Cécile Duflot et Pascal Canfin. Les radicaux de gauche sont ainsi les derniers alliés du PS au pouvoir, avec les ministres Sylvia Pinel, Annick Girardin et Thierry Braillard. Et encore, Sylvia Pinel est donnée partante depuis sa victoire aux régionales.

A la gauche du PS, la démission de Christiane Taubira renforce « absolument » la nécessité d’une primaire à gauche. Ce scrutin interne représenterait « la meilleure garantie de rassembler et de franchir le premier tour », souligne ce jeudi l’ancienne ministre Aurélie Filippetti sur RMC-BFMTV.

« C’est une évidence que la tenue d’une primaire à gauche est nécessaire. Il n’y a pas, et ne peut y avoir, de candidat naturel qui serait François Hollande [contrairement à ce que déclare Manuel Valls] », précise à 20 Minutes Marie-Noëlle Lienemann.

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La question de la primaire sera d’ailleurs abordée samedi lors d’une rencontre du courant du PS « A gauche pour gagner », qui rassemble des frondeurs. « Nous allons évidemment évoquer la primaire, mais aussi la révision constitutionnelle et les questions économiques », ajoute Marie-Noëlle Lienemann. « A dix-huit mois de la présidentielle, on va se battre pour un plan de relance car on ne va pas laisser passer le détricotage du Code du travail avec la prochaine loi de Myriam El Khomri [présentée en février-mars 2016 au Parlement]. »

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Quant à la participation de Christiane Taubira à une primaire à gauche, la question semble hors de propos. Christiane Taubira se disait, dans une émission enregistrée samedi et diffusée mercredi soir, « absolument sûre » de ne pas participer à un scrutin désignant le champion de la gauche pour la présidentielle 2017.

Au PS, certains voient l’ex-ministre prendre un nouveau chemin, notamment vers le Conseil constitutionnel. « Christiane Taubira peut être encore très active, énergétique et intelligente dans d’autres combats », a ainsi loué jeudi la députée PS Karine Berger. « Je ne crois pas un combat politique face à François Hollande (…) mais d’autres structures, comme Conseil constitutionnel peut-être », a-t-elle ajouté sur Radio Classique.


Dans l’entourage des députés frondeurs, on reste optimiste. « Christiane Taubira est, si l’on peut dire, une compagne de route. Elle chemine à nos côtés, sans que quiconque lui impose quoi que ce soit. Et nous serions heureux de la compter avec nous si elle veut s’engager de nouveau [dans le débat public] ».