«Résister, c’est se confronter à la réalité», répond Valls à Taubira

VŒUX Le Premier ministre a taclé de manière indirecte son ancienne ministre...

Thibaut Le Gal

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Manuel Valls à Matignon pour ses vœux à la presse, le 28 janvier 2016
Manuel Valls à Matignon pour ses vœux à la presse, le 28 janvier 2016 — ALAIN JOCARD / AFP

Manuel Valls répond à Christiane Taubira. Le Premier ministre a réagi à la démission de la ministre de la Justice, lors de ses vœux à la presse, ce jeudi à Matignon. D’abord, les amabilités. « Je veux saluer ici l’opiniâtreté et le parcours de Christiane Taubira. Elle a mené un combat pour cette grande avancée qu’est le mariage pour les couples de même sexe. Elle a su engager les réformes pour la Justice ».

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« Il y a toujours la tentation de fuir ses responsabilités quand c’est difficile »

Après les politesses, le chef du gouvernement a taclé de manière indirecte son ancienne ministre. « Il y a toujours la tentation de partir, il y a toujours la tentation de fuir ses responsabilités quand c’est difficile. Elle [la gauche] doit résister. Résister au cours des choses, pour tracer sa voie », a-t-il lancé, avant de faire allusion au tweet de l’ancienne garde des Sceaux.

« Résister aujourd’hui, ce n’est pas proclamer, ce n’est pas faire des discours. Résister, c’est se confronter à la réalité du pays ». Un écho au « parfois résister, c’est partir », écrit par Christiane Taubira, quelques minutes après l’annonce de son départ.


« Elle va manquer bien sûr au gouvernement, mais la cohérence exigeait qu’à partir du moment où il y a un désaccord, sur une réforme, sur une révision constitutionnelle, chacun, je dis bien chacun, doit en tirer les conséquences ». Une manière pour Manuel Valls de rappeler qu’une seule ligne est possible au sein du gouvernement. Celle défendue par le chef de l’Etat. Et peu importent les noms utilisés pour la caractériser, « qu’on l’appelle sociale libérale ou sociale réformiste ».

Macron en prend pour son grade aussi

« Moi, je suis réformiste, je suis libéral, je suis social, je suis de gauche et je suis Français et républicain d’abord. Parce que, au fond, peu importent les étiquettes », a-t-il insisté. Pour « l’avenir de la France », le gouvernement doit avancer sur une seule « voie ». Et d’une seule voix, donc. N’est-ce pas Emmanuel Macron ? « Vous m’interrogez toujours sur lui », a sourit le Premier ministre. « Ma réponse c’est l’efficacité, celle de tout mon gouvernement ».

Mais rituel oblige, le ministre de l’Economie a eu droit à un petit recadrage. « Souvent ce qui ne marche pas dans la vie politique ce ne sont pas les sujets politiques, c’est l’attitude personnelle de chacun. Il faut mettre de côté un certain narcissisme, un certain égocentrisme pour se consacrer essentiellement à l’intérêt général ».

Pour le reste, Manuel Valls a défendu les chantiers du gouvernement et conclu son discours par une citation de Tocqueville. Un dernier clin d’œil à son ex-ministre de la Justice ? « Je partage avec Christiane Taubira le goût de la littérature ». A la fin du discours, on aura compris que c’est à peu près tout.