Primaire à droite: Pourquoi les centristes de l’UDI hésitent à participer

POLITIQUE Le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a rencontré ce mercredi Nicolas Sarkozy pour négocier les conditions d'une candidature centriste à la primaire de la droite organisée fin novembre…

Anne-Laëtitia Béraud
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André Santini, Chantal Jouanno, Philippe Vigier,Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, Franck Reynier, Laurent Hénart aux voeux de l'UDI à la presse, le 13 janvier 2016 à Paris.
André Santini, Chantal Jouanno, Philippe Vigier,Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, Franck Reynier, Laurent Hénart aux voeux de l'UDI à la presse, le 13 janvier 2016 à Paris. — WITT/SIPA

A onze mois de la primaire organisée par Les Républicains (LR), Nicolas Sarkozy a reçu ce mercredi Jean-Christophe Lagarde. Dans une lettre du 18 janvier adressée à l’ancien chef d’Etat, le président de l’UDI souhaitait clarifier les conditions d’une participation centriste à la primaire à droite. Une candidature au scrutin des 20 et 27 novembre qui, aujourd’hui, n’a rien d’une évidence pour les formations composant l’Union des démocrates et indépendants. La galaxie centriste actera « collectivement » le 20 mars d’une participation à cette primaire… ou le lancement d’une candidature solo à l’Elysée.

Comme souvent chez les centristes, les rivalités entre les composantes de l’UDI affleurent. Le tête-à-tête de ce mercredi entre Jean-Christophe Lagarde et Nicolas Sarkozy nourrit la suspicion. « Nous sommes un parti fédéral, et tous les partis qui composent l’UDI ont droit à la discussion dans cette étape majeure que sont les négociations avec Les Républicains », souligne Hervé Morin, à la tête du Nouveau Centre, une des formations de l’UDI.

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La crainte est que Jean-Christophe Lagarde ne prenne des engagements pour l’ensemble des centristes. « La participation à la primaire LR ne va pas de soi. Celle-ci passe nécessairement par l’adoption d’un pacte d’alternance, qui évoque nos valeurs, garantisse des investitures centristes aux législatives de 2017 et la constitution d’un groupe UDI à l’Assemblée nationale », estime Laurent Hénart, maire de Nancy et président du Parti radical valoisien. « Ce pacte d’alternance doit être adopté collégialement et rendu public. Il ne peut y avoir d’accord secret », ajoute-t-il.

Hervé Morin, candidat UDI-LR aux régionales, et le président LR Nicolas Sarkozy, le 30 novembre 2015 lors d’un meeting à Rouen. - ROBERT BEAUFILS/SIPA
 

Et si aucun « accord transparent » n’est conclu avec Les Républicains « avant la primaire ou la présidentielle », le Parti radical revendique son indépendance. « Nous pouvons très bien soutenir un autre candidat proche de nos idées – évidemment pas François Hollande — tant qu’il s’engage sur un accord. Ou bien lancer notre propre candidat à la présidentielle », précise Laurent Hénart. Faire monter la pression auprès du partenaire Les Républicains devrait ainsi animer le congrès de l’UDI, le 20 mars.

Borloo est « en pleine forme »

Du côté du parti Les Républicains, on survole les bisbilles centristes. « Le problème avec Jean-Christophe Lagarde est qu’il est loin de représenter tout le monde à l’UDI. Dès qu’il parle, on voit la levée de boucliers des autres [responsables centristes], et la situation devient encore plus compliquée », balance-t-on à la direction. « La balle est dans leur camp. Il nous faut une candidature de rassemblement avec les centristes, mais avant ce serait bien qu’ils réalisent leur aggiornamento. »

Pour les centristes, une solution pourrait être le recours à… Jean-Louis Borloo, qui avait quitté la présidence de l’UDI en avril 2014 pour des raisons de santé. Investi dans le dossier de l’électrification des pays africains, l’ancien super-ministre de l’Ecologie est « en pleine forme et a plein de projets », glisse Hervé Morin. Deux ans après son retrait de la politique, Jean-Louis Borloo apparaît toujours comme une figure de proue, ou une bouée de sauvetage, pour des centristes peinant à parler d’une seule voix.