Qui est Laurent Grandguillaume, le médiateur chargé de réconcilier taxis et VTC ?

PORTRAIT Le député de Côte d’Or doit assurer une concertation entre les taxis et les voitures de transport avec chauffeur…

Romain Scotto

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Laurent Grandguillaume, député PS.
Laurent Grandguillaume, député PS. — DR

Depuis mercredi matin, il encaisse les tapes dans le dos sans trop broncher. « C’est vrai qu’on me souhaite pas mal "bon courage" », souffle Laurent Grandguillaume, quelques heures après avoir endossé le costume d’arbitre, ou de « médiateur », dans le conflit ultra-tendu entre taxis et VTC, à la demande de Manuel Valls. Le communiqué de Matignon présente le député PS de Côte d’Or comme une « personnalité qualifiée afin de mener la concertation sur l’équilibre économique du secteur individuel de personnes. »

Concurrence taxis/VTC : Quelles pistes pour sortir du conflit ?

Alors que les pneus et les cagettes brûlent sur le périph parisien, et en province, le conciliateur de 38 ans « a bien conscience que (sa) tâche n’est pas facile ». Mais c’est pour ses talents d’écoute et sa force de proposition que le Premier ministre a fait appel à lui. Il y a trois ans, il avait déjà assuré avec succès une première médiation dans le dossier dit des « poussins », qui avait débouché sur l’adoption dans la loi Pinel de mesures maintenant le statut d’auto-entrepreneur.

La mise en place d’une commission de travail

Membre de la commission des finances, il avait aussi été nommé en juin 2014 coprésident du conseil de simplification pour les entreprises, avec l’entrepreneur Guillaume Poitrinal. Il n’a en revanche pas de travail majeur à son actif dans le dossier des transports, ce que n’a pas échappé à certains représentants syndicaux qui ne comptent même pas échanger avec lui mercredi après-midi à Matignon.

Dans un premier temps, Laurent Grandguillaume tentera donc d’établir un dialogue avec les représentants les plus sceptiques. Puis il présentera quelques objectifs précis : « Je souhaite mettre en place une commission de travail avec les différents acteurs pour avancer sur l’application de la loi Thévenoud. Certains articles de loi ne sont pas publiés. Et il faut trouver une solution durable pour qu’il y ait une concurrence saine antre les acteurs. »

« Ne pas avoir de dogme, d’a priori »

Concrètement difficile d’en savoir plus. Le député PS assure qu’il a « plein de pistes en tête », mais il en réserve la primeur aux syndicats de taxis. Il n’est pas là pour prendre des décisions mais bien « pour proposer des solutions. » Tout juste concède-t-il vouloir résoudre la question des « statuts juridiques, des régimes fiscaux, des qualifications, des sanctions, de la géolocalisation » des VTC.

Sa méthode de travail, elle, sera assez simple. Au milieu du champ de bataille, Laurent Grandguillaume s’avance avec un petit drapeau blanc. « Je veux prendre le temps de l’écoute, ne pas avoir de dogme, d’a priori. » Mais il sait aussi qu’il doit ménager la susceptibilité des chauffeurs de taxi, à bout de nerfs depuis le début du conflit. « Je comprends l’indignation, l’urgence par rapport aux difficultés rencontrées par ces salariés. Des hommes et des femmes qui travaillent dur, à qui on doit apporter des solutions. » Pour cela, l’émissaire de Manuel Valls ne s’est pas fixé de date butoir. Il se dit prêt à mener cette conciliation, même si elle prend des allures de marathon.