Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, le 10 mai 2015 à Paris.
Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, le 10 mai 2015 à Paris. — IBO/SIPA

PORTRAIT

Qui est le nouveau ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas?

Le président de la Commission des Lois Jean-Jacques Urvoas a été nommé ministre de la Justice, ce mercredi…

Jean-Jacques Urvoas succède à Christiane Taubira, qui a remis sa démission du poste de ministre de la Justice. La nomination du député du Finistère et président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale intervient en plein débat sur la déchéance de la nationalité. Ce dossier, très contesté à gauche, vise à inscrire dans la constitution la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme.

« Jean-Jacques Urvoas portera, aux côtés du Premier ministre, la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale », annonce ce mercredi l’Elysée dans un communiqué.

Spécialiste de la sécurité

Né en 1959, le député socialiste du Finistère attendait une nomination au gouvernement depuis des mois. Elle intervient après une nouvelle opposition publique de Christiane Taubira sur la réforme constitutionnelle. En tant que président de la Commission des Lois, le Breton était chargé d’une mission pour trouver un compromis qui divise, une nouvelle fois, la majorité.

Cependant, le grand dada de Jean-Jacques Urvoas est la sécurité. Nommé en 2009 secrétaire national du PS chargé de la sécurité, il a signé en 2011 Onze propositions chocs pour rétablir la sécurité (Fayard). Considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs du dossier chez les socialistes, il a modelé le programme du PS sur la sécurité pour la présidentielle 2012. En 2015, il a été rapporteur de la loi sur le renseignement, adoptée après les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Un Breton strauss-kahnien

Avant d’être élu pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2007, cet ex-maître de conférences en droit a dirigé pendant une dizaine d’années le cabinet de l’ancien maire socialiste de Quimper et conseiller de François Hollande, Bernard Poignant. La ville bretonne est toujours le fief du quinquagénaire, même si la ville est désormais dirigée par la droite.

Ami de fac du Premier ministre Manuel Valls, ce gros bosseur a fait partie des strauss-kahniens avant de se rallier à la candidature de François Hollande durant la primaire à gauche, après la chute de DSK.