«Retour» de Jean-François Copé: Les 5 vacheries de son nouveau livre

POLITIQUE Forcé à la démission de la présidence de l'UMP en 2014, Jean-François Copé signe son retour sur la scène politique avec un nouveau livre intitulé «Le sursaut français»…

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-François Copé, député-maire LR de Meaux, ancien président de l'UMP, le 14 décembre 2015 à Paris.
Jean-François Copé, député-maire LR de Meaux, ancien président de l'UMP, le 14 décembre 2015 à Paris. — WITT/SIPA

Dix-huit mois de silence. C’est le temps que Jean-François Copé s’est donné avant de « revenir » dans les médias. Forcé à la démission de la tête de l’UMP en mai 2014, en pleine affaire Bygmalion, Jean-François Copé réalise ces derniers jours une opération de communication rondement menée. Il publie ce jeudi Le sursaut français (Stock, 20 euros), un livre qui mêle confessions, plaidoyer et programme politique pour la présidentielle 2017. Sans oublier quelques vacheries, glissées au fil des pages…

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Une famille politique orchestrant sa « mise à mort politique »

Le 27 mai 2014, Jean-François Copé est poussé à la démission lors d’un bureau politique rassemblant les responsables de l’UMP. Dix-huit mois plus tard, sa plume est acérée quand il évoque cette réunion. « Il s’agira (…) d’une exécution », « d’une mise à mort politique ». Lui, le « bouc émissaire », balance contre cette « femme politique ouvrant le feu la première » qui « hurlait sans rien savoir » de l’affaire Bygmalion. Elle lui dit notamment : « Ce sont tes amis et eux seuls ! Et toi tu n’es simplement complice, tu es coupable ». Derrière cette description apparaît Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s’est adressée en premier à Jean-François Copé lors de cette réunion. Jean-François Copé continue sa charge contre ses « procureurs » qui se détendent à l’annonce de sa démission. Et lance une pique – anonyme- en passant : « J’aperçois au fond de la salle deux amants cachés qui s’embrassent de joie ».

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Nicolas Sarkozy

Rejeté par une partie de ses pairs, Jean-François Copé confie qu’il ne renonce pas, en évoquant de précédentes difficultés… causées par Nicolas Sarkozy. « Je refuse la facilité : en étant élu à Meaux plutôt qu’à Neuilly [fief de Nicolas Sarkozy], en construisant une identité parlementaire alors que Nicolas Sarkozy m’avait interdit l’accès au gouvernement [en 2007] », explique-t-il.

Et pas besoin de nommer l’ancien chef d’Etat pour l’évoquer. « Ces candidats [à la présidentielle] ont eu peur de proposer de grandes réformes tout en promettant le "grand soir". Une fois élus, ne les faisant pas, ils n’ont pas obtenu les résultats obtenus. Et légitimement les Français les sanctionnent en élisant leurs adversaires » déplore-t-il. Notamment en matière d’immigration. « L’objectif [d’une « immigration choisie » proposée par Nicolas Sarkozy] était excellent mais clairement les résultats n’ont pas été au rendez-vous ».

François Fillon

Entre les deux anciens rivaux à la présidence de l’UMP, les mois n’ont pas vraiment adouci les mœurs. Evoquant cette période où il est face à ses « adversaires », il lance un lapidaire : « Contrairement à ce qui a été raconté avec force mensonges, ça n’a jamais été une histoire de tricherie. Mais bien plutôt de "mauvais perdant" ». François Fillon appréciera.

Isabelle Maurer

Elle avait fait sensation en prenant à partie Jean-François Copé lors de l’émission politique Des paroles et des actes France 2 en octobre 2013. Isabelle Maurer, mère de trois enfants vivant du RSA, s’est ensuite engagée en politique. Une prestation et une candidature qui restent encore en travers de la gorge de Jean-François Copé. « Imparable. Tout ce que j’ai pu dire lors de cette longue émission a été occulté (…) Quant à Mme Maurer, elle y gagna une place de tête de liste aux Européennes dans la circonscription Est du parti Nouvelle donne, à gauche du PS… (…) On n’est jamais audible lorsque l’on fait face aux démagogues dont l’arme principale est de toucher l’affect avec des rhétoriques logiques mais fausses. »

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Eric Woerth

Alors que Jean-François Copé explique comment « renouer avec l’obligation des résultats », il déplore ces « décideurs politiques pour qui « le bilan de leur action se résume à l’énumération des titres des lois ou des décrets qu’ils ont fait adopter ou promulguer et rarement des résultats ». Et d’évoquer « un responsable politique majeur [qui] préfère dire qu’il a fait adopter une "réforme des retraites" plutôt que d’évaluer honnêtement si cette réforme a, ou non, réduit le déficit de la branche vieillesse ». S’il ne le nomme pas, Eric Woerth semble être bien dans le viseur de Jean-François Copé. L’homme a été ministre du Travail du gouvernement de François Fillon, et a porté une réforme des retraites en 2010.