Financement de la campagne 2012 de Sarkozy: Une confrontation pour retrouver la trace de millions disparus

ENQUETE Un nouveau volet de l'enquête s'est récemment ouvert pour retrouver la trace de plusieurs millions d'euros, déclarés par l'UMP comme dépense présidentielle en 2012 mais absents des comptes de campagne...

N.Bg.

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Photo d'archives de caméras et appareils photos disposés devant le siège du parti UMP, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris, le 26 mai 2014
Photo d'archives de caméras et appareils photos disposés devant le siège du parti UMP, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris, le 26 mai 2014 — Thomas Samson AFP

La journée du grand déballage ? Selon les informations de L’Obs, une confrontation doit se tenir ce mardi dans les bureaux des magistrats du pôle financier de Paris entre plusieurs anciens responsables de l’UMP et de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.

« Parmi les personnes convoquées figurent Guillaume Lambert, ancien directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Philippe Briand, l’ex-trésorier de la campagne, Philippe Blanchetier, l’un des avocats de l’UMP, et les experts-comptables qui ont validé les comptes du candidat », écrit le site de l’hebdomadaire. Cette confrontation a lieu au lendemain des révélations de l’AFP concernant de nouvelles mises en examen dans le cadre de l’enquête de financement de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, pour de nouvelles dépenses suspectes, distinctes, cette fois, de l’affaire Bygmalion.

Doublement mis en examen

Déjà mis en examen pour leur rôle, qu’ils contestent, dans le volet Bygmalion, quatre acteurs de la campagne l’ont été début janvier pour ces nouvelles dépenses, apprenait-on lundi. Il s’agit du directeur de campagne Guillaume Lambert, de son trésorier, le député Les Républicains Philippe Briand, de l’un des avocats de l’UMP (devenue LR), Philippe Blanchetier, et de l’un des deux experts-comptables.

>> DIAPORAMA. Les hommes de l’affaire Bygmalion

Jusqu’à l’automne, les enquêteurs se concentraient sur les 18,5 millions d’euros de fausses factures émises par la filiale événementielle de Bygmalion, Event & Cie, dont ils pensent qu’elles ont servi à masquer une explosion du plafond légal de dépenses (22,5 millions d’euros) provoquée par l’inflation de meetings dans la campagne. Les enquêteurs se penchent désormais sur beaucoup d’autres factures. Ils s’interrogent notamment sur une ligne « présidentielle » dans le budget 2012 du parti, l’UMP à l’époque, indiquant 13,5 millions d’euros de dépenses engagées, alors que trois millions d’euros seulement ont été communiqués dans le compte de campagne.