Paris le 14 fevrier 2012. Illustration logo agence pole emploi.
Paris le 14 fevrier 2012. Illustration logo agence pole emploi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

CHOMAGE

François Hollande présente son plan d'urgence pour l'emploi

500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, aide à l'embauche pour les TPE et PME, ou mesures en faveur de l'apprentissage, le chef de l'Etat a déjà révélé les principaux volets de son plan lors des voeux télévisés le 31 décembre...

Il a toujours l'espoir d'inverser enfin la courbe d'ici la fin de son quinquennat. François Hollande détaille ce lundi le financement et les modalités de son plan d'«urgence» contre le chômage, qui sera axé sur la formation, l'apprentissage et des aides à l'embauche pour les PME.

En fin de matinée, François Hollande, qui entre dans la dernière année pleine de son mandat, doit annoncer ses dernières mesures pour inverser la courbe du chômage aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi, ainsi qu'aux principaux leaders syndicaux et patronaux, présents au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Le temps presse: malgré une petite baisse, 3,57 millions de demandeurs d'emploi n'avaient aucune activité en novembre, selon les derniers chiffres de l'agence.

Un coût de deux milliards d'euros

Le chef de l'Etat a déjà révélé les principaux volets de son plan lors des voeux télévisés le 31 décembre: 500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, une aide à l'embauche pour les TPE et PME et des mesures en faveur de l'apprentissage. Selon son entourage, François Hollande précisera ce lundi le financement du plan. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a laissé entendre qu'il coûterait environ deux milliards d'euros à l'Etat.

Des «dépenses qui seront compensées intégralement par des économies ailleurs», a-t-il assuré. Sur le volet formation, le gouvernement peut d'ores et déjà compter sur les partenaires sociaux qui viennent de se mettre d'accord pour faire en 2016 un effort supplémentaire de 80 millions d'euros par rapport à 2015. La question de la participation des régions au financement reste posée.

Formations

Selon la ministre du Travail, Myriam El Khomri, les formations cibleraient les chômeurs les moins qualifiés et seraient axées sur les secteurs d'avenir (numérique, environnement...) et les emplois non pourvus. Des questions se posent toutefois sur les capacités d'accueil des organismes de formation. Le gouvernement prévoit également de lancer une aide exceptionnelle à l'embauche pour les TPE et PME.

Si le montant, le calendrier et les modalités doivent être précisés ce lundi, plusieurs médias évoquent une prime de 1.000 à 2.000 euros pour toute embauche d'un salarié rémunéré jusqu'à 1,3 fois le Smic. Elle s'ajouterait aux nombreuses primes déjà existantes pour les TPE, notamment la prime à la première embauche et celle pour l'accueil d'un apprenti mineur, toutes deux annoncées au printemps 2015. Le plan gouvernemental devrait aussi inclure de nouvelles mesures de relance de l'apprentissage, qui seront également précisées ce lundi.

Réforme du Code du travail

En outre, le président se penchera sur la future réforme du Code du travail. Annoncée cet automne, elle doit donner une nouvelle architecture au Code du travail en deux ans, avec un objectif affiché de doper l'emploi. Initialement attendu vendredi, le rapport sur ce sujet préparé par l'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, ne sera finalement remis que la semaine prochaine.

«Je pense que notre politique est la bonne», a estimé Manuel Valls, invité de l'émission On n'est pas couché samedi. «Avec une croissance davantage soutenue, avec des entreprises qui n'ont pas peur d'embaucher, parce que certains patrons notamment dans les PME ont peur de licencier, en faisant en sorte que le marché du travail soit plus souple, je pense que nous aurons des résultats», a-t-il estimé. Selon un sondage Odoxa pour iTELE, 77% des Français pensent que le plan d'urgence ne fera pas baisser le chômage.