Libye: l'Elysée exclut que Cécilia Sarkozy témoigne devant les députés

LIBYE L’Elysée invoque «la séparation des pouvoirs»...

D'après AFP

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M. Sarkozy a présenté sa visite de moins de 24 heures comme "un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Il s'est personnellement impliqué, avec son épouse Cécilia, dans le dénouement de cette affaire qui a empoisonné pendant huit ans les relations entre l'Union européenne et Tripoli.
M. Sarkozy a présenté sa visite de moins de 24 heures comme "un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Il s'est personnellement impliqué, avec son épouse Cécilia, dans le dénouement de cette affaire qui a empoisonné pendant huit ans les relations entre l'Union européenne et Tripoli. — Dimitar Dilkoff AFP

Le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a exclu jeudi que l'épouse du chef de l'Etat, Cécilia Sarkozy, soit entendue par la future commission d'enquête parlementaire (CEP) sur la Libye, comme le demande l'opposition.

Selon David Martinon, l'audition de Cécilia Sarkozy n'est pas concevable au nom de «la séparation des pouvoirs», puisqu'elle était «l'envoyée personnelle» de son mari.

Deux visites en Libye

En revanche, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, qui accompagnait Cécilia Sarkozy à Tripoli, témoignera devant cette commission.

La gauche a demandé que Cécilia Sarkozy vienne témoigner devant la future commission d'enquête parlementaire.

Elle s'est rendue deux fois en Libye lors de la phase finale des négociations ayant mené le 24 juillet à la libération des cinq infirmières et du médecin bulgares qui y étaient détenus depuis huit ans, et avait raccompagné les soignants dans leur patrie à bord d'un avion officiel français.

Entorse

Lors de son point de presse hebdomadaire, David Martinon a indiqué que «le président de la République a été le premier à approuver l'idée» de la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de la libération des soignants bulgares.

Il «est très soucieux de communiquer toutes les informations qu'il a en sa possession. Pour autant, il paraît inconstitutionnel qu'il puisse répondre à la commission d'enquête parlementaire, puisque ce serait une entorse au principe de séparation des pouvoirs», a-t-il dit, précisant qu'«il réfléchit à une manière, pour sa part, de communiquer à la commission ces informations».

Impatient

«Par extension, Mme Sarkozy, puisqu'elle était son envoyée personnelle, tombe sous la même règle», a-t-il affirmé. En revanche, Claude Guéant est «tout à fait à même de parler (...) et à vrai dire impatient d'éclairer la représentation nationale sur l'histoire de cette mission qui a été un succès éclatant».

Interrogé plus généralement sur le rôle de Cécilia Sarkozy, le porte-parole de l'Elysée a indiqué qu'il n'y avait «pas de rendez-vous pour qu'elle dise ce qu'elle entend faire». «Elle s'exprimera quand elle le souhaite. C'est sa liberté et elle n'a de compte à rendre à personne».