Déchéance de nationalité: Pour Hollande et Valls, le référendum serait «dangereux»

REFORME « Le Canard enchaîné » révèle que l’exécutif ne serait pas si tenté par un référendum comme l’a d’abord laissé entendre son entourage…

H.S.

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Manuel Valls et François Hollande réunis le 18 décembre 2015 devant les maires de France.
Manuel Valls et François Hollande réunis le 18 décembre 2015 devant les maires de France. — STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

Evoqué il y a quelques jours par l’entourage du Président et de son Premier ministre, le référendum concernant la déchéance de nationalité ne serait plus du tout, mais plus du tout, envisagé par l’exécutif. Le Canard enchaîné, publie dans son édition du mercredi 30 décembre, des déclarations attribuées à François Hollande et Manuel Valls.

« Jouer avec le référendum, c’est jouer avec la nitroglycérine » aurait ainsi confié le chef du gouvernement, tandis que le chef de l’Etat estimerait que « comme dans tout référendum, le débat médiatique se focaliserait sur le non. Ceux qui sont d’accord ne se mobiliseraient pas pour la réforme et ceux qui sont contre la réforme et contre le président se mobiliseraient. Donc c’est très dangereux ».

>> Révision constitutionnelle : La déchéance de nationalité sera finalement dans le texte

Selon un sondage publié mardi soir par la chaîne d’information BFMTV, près de 9 Français sur 10 y seraient favorables. Un argument qui ne convainc pas une partie du Parti Socialiste et de la gauche de la gauche, farouchement opposée au projet. Pour faire voter son projet de réforme constitutionnelle et inscrire dans notre texte commun la déchéance de nationalité pour les Français binationaux condamnés pour « un crime contre la vie de la nation », Hollande et Valls doivent réussir à convaincre les 3/5e des parlementaires.

​Une tâche qui s’avère compliquée, au regard des très nombreuses critiques qui affluent depuis l’annonce du maintien du projet.