Déchéance de nationalité: Pour Mélenchon, «Hollande et Valls créent un statut de français de souche»

TERRORISME Le chef de file du Parti de gauche est farouchement opposé au projet de réforme constitutionnelle...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon lors du discours de clôture de l'université d'été du Parti de gauche, le 30 août 2015 à Toulouse.
Jean-Luc Mélenchon lors du discours de clôture de l'université d'été du Parti de gauche, le 30 août 2015 à Toulouse. — R. Gabalda / AFP

« Français de souche », voilà des mots que l’on retrouve rarement dans la réthorique de Jean-Luc Mélenchon, chef de file du Parti du Gauche et opposant de Marine Le Pen aux dernières élections législatives. Habituellement attribués à sa rivale, l’ancien socialiste associe cette fois ces mots à François Hollande et Manuel Valls.

Dans une tribune publiée ce mardi sur son blog et intitulée « La France est à cran », Jean-Luc Mélenchon estime qu’avec la déchéance de nationalité, François Hollande et Manuel Valls allaient créer « un statut de Français de souche ».

L’exécutif a annoncé la semaine dernière qu’il maintenait dans son projet de révision constitutionnelle la possibilité de déchoir de leur nationalité française les binationaux convaincus de terrorisme.

« Ainsi serait créée la catégorie des Français étrangers de souche, les binationaux fabriqués par la trouvaille de Hollande empruntée aux Le Pen », poursuit Jean-Luc Mélenchon.

>> Déchéance de nationalité : Pourquoi François Hollande pourrait recourir à un référendum

De plus, ce nouveau « statut » va obliger l’Etat à « avancer loin en infamie », poursuit-t-il, car selon lui il va falloir définir « à partir de combien de générations quelqu’un qui reçoit sa deuxième nationalité par le droit du sang dans un autre pays n’est plus considéré comme binational par la France ».

« Le régime de Vichy a essayé de régler ce problème, donc Valls pourra lui emprunter ses trouvailles. Bon appétit », dit le député européen.

Répondant au chef du gouvernement qui a regretté dimanche qu'« une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs » en s’opposant à cette mesure, il a ajouté : « Non, Manuel Valls, nous ne nous égarons pas dans les grands principes, nous nous égarerions sans eux ».