Après les élections régionales, à droite, cap sur la présidentielle de 2017

STRATEGIE Juste après l'annonce des premiers résultats dimanche, les escarmouches entre rivaux dans la primaire de droite ont repris de plus belles...

M.P.
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Nicolas Sarkozy lors de son allucution au siège du parti LR le 13 décembre 2015 à Paris
Nicolas Sarkozy lors de son allucution au siège du parti LR le 13 décembre 2015 à Paris — ALAIN JOCARD AFP

La campagne pour la primaire du parti Les Républicains (LR) a officieusement commencé dimanche 13 décembre à 20h01. A mesure que les résultats des élections régionales tombaient, confirmant qu’il n’y a pas de vague bleue, les grandes manoeuvres commençaient.

Une stratégie qui fait toujours polémique

Comme au premier tour, Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré le savon que lui a passé Nicolas Sarkozy dans l’entre-deux-tours, a pilonné « le ni-ni » défendu par l’ex-Président. « Si les électeurs avaient appliqué le ni-ni, nos candidats dans le Nord-Pas-de-Calais et en région Paca auraient été battus », a-t-elle lancé à plusieurs reprises pendant la soirée. Résultat, ellle a été évincée ce lundi midi de la direction des Républicains, une décision « stalinienne » selon elle.

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Candidat déclaré à la primaire de droite, Bruno Le Maire expliquait que l’un des enseignements de ce scrutin était la nécessité de renouveler l’offre et le personnel politique, deux ses thèmes de campagne interne privilégiés…

Parc des Princes VS discours présidentiels

Et alors que Nicolas Sarkozy passait tranquillement la soirée au Parc des Princes pour apprécier le match du PSG, François Fillon et Alain Juppé, eux, passaient à l'offensive depuis leurs fiefs: s’ils saluaient la victoire des leurs dimanche soir, les deux hommes ont surtout prononcé des allocutions aux airs de discours de candidat à la présidentielle.

« Il faut donc que la France ait une autre politique économique, une autre politique fiscale, une autre politique pénale et de sécurité, une autre politique de santé, une autre politique d’immigration, une autre politique d’éducation », a par exemple détaillé Alain Juppé.

« Cette élection régionale constitue le dernier avertissement avant 2017. (…) Je propose un projet pour faire gagner la France et dès demain je repars au combat et j’y invite tous ceux qui veulent relever le défi », a de son côté avancé François Fillon, tandis que certains candidats étaient encore en train de compter et recompter les voix des électeurs.

La date de la primaire, première des batailles

Et lundi matin, le débat à droite portait moins sur la portée de la victoire de leur camp que sur la meilleure date possible de la primaire. Luc Chatel, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a ouvert le feu, estimant tôt ce lundi qu’il fallait avancer la primaire prévue en novembre, à avant l’été 2016, « si nous en avons les moyens techniques ». « Je pense que si on avait notre candidat à la présidentielle avant l’été, ça nous permettrait d’avoir une année pour se préparer, pour rassembler, pour élargir, pour s’adresser aux Français », a-t-il justifié.

Sur RTL, François Fillon s’est dit « totalement hostile » à cette initiative. « On ne touche pas au calendrier électoral dans une République digne de ce nom. Vouloir toucher au calendrier électoral, c’est encourir le soupçon de manœuvres visant à affaiblir la portée démocratique de ces primaires », s’est-il agacé tandis que Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire et en charge de l’organisation de la primaire a jugé que ce n’était pas « la priorité ». « Je crois qu’il ne faut pas, au soir des élections, partir comme ça dans tous les sens, il faut garder de la sérénité et du calme ».