Régionales 2015: Laurent Wauquiez, un candidat un peu trop intrusif

JOURNAL DES REGIONALES Principaux faits, petites phrases et off… Toutes les infos de la campagne pour les élections régionales à retrouver sur « 20 Minutes »… 

Nicolas Beunaiche

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Laurent Wauquiez, candidat des Républicains au soir du premier tour des élections régionales, où il est arrivé en tête pour la région Rhône-Alpes-Auvergne, à Lyon, le 6 décembre 2015.
Laurent Wauquiez, candidat des Républicains au soir du premier tour des élections régionales, où il est arrivé en tête pour la région Rhône-Alpes-Auvergne, à Lyon, le 6 décembre 2015. — AFP

Second tour des régionales J-2

Appel à voter, Front national, ralliements… Les faits de ce vendredi de campagne.

A Saint-Bihy, on vote contre le ball-trap

Il y a ceux qui votent contre François Hollande et le gouvernement socialiste ou encore ceux qui veulent faire barrage au Front national. A Saint-Bihy, dans les Côtes-d’Armor, on vote contre le ball-trap. Lors du premier tour, 47 % des électeurs du village, soit 56 des 118 votants, ont glissé dans l’urne un tract exigeant la fermeture du complexe de tir aux pigeons, raconte France 3. Ce qui équivaut, rappelons-le, à voter nul. L’association à l’origine de ce mouvement de protestation avait appelé à faire de même lors des départementales ; au second tour, les électeurs avaient finalement voté « normalement ».

Une écolo rallie Pécresse

L’alliance PS-EELV-FG n’a pas suffi à retenir Leïla Aïchi. La sénatrice EELV de Paris a rejoint Valérie Pécresse, une amie de longue date, pour le second tour des régionales. La candidate de la droite dans la région avait déjà essayé de la convaincre, sans succès. Cette fois, elle a atteint son but. Les deux femmes se sont affichées ensemble jeudi, aux Halles, en compagnie de la sénatrice UDI Chantal Jouanno et de Yann Wehrling, membre du MoDem mais aussi ancien chef de file des Verts, selon RTL.

Une mère de victime du Bataclan lance un appel

« A la mémoire de notre fille Fanny qui n’est pas sortie vivante du Bataclan, appel aux sans-voix, aux indécis et aux apeurés ». Sur le site du Huffington Post, ses parents lancent un appel à « ceux qui ne sont pas encore morts » et « ceux qui veulent rester vivants » à « ceindre leurs fronts d’un tissu blanc et [à] aller voter avec leur âme et leur conscience ». A mots couverts, ils appellent à barrer la route au FN, dont le bon score a donné à la mère de Fanny « une migraine détestable qui [lui] a vrillé le crâne », dimanche dernier. L’appel se termine par un message de remerciement : « Merci aussi pour tous vos témoignages de soutien, vos condoléances… qui m’ont rappelé que le plus important c’est de partager les joies et les peines pour qu’elles soient plus douces. C’est un des rares cas où l’abstention peut être remplacée par un regard, une poignée de main. »

Etre exclu du PS, Masseret « s’en fout »

Le rebelle du Grand Est n’entend pas revenir en arrière. Interrogé sur l’exclusion qu’il risque en refusant de retirer sa liste pour le second tour, l’actuel président socialiste de la région Lorraine a répondu : « J’aime autant vous dire que je m’en fous. » « S’ils me virent du Parti socialiste, ils me vireront. Je resterai homme de gauche et je resterai socialiste, ils ne vont pas me changer », a-t-il ajouté. Si le candidat du FN, Florian Philippot, arrivé largement en tête au premier tour, remporte le second tour dimanche, « je suis conscient que j’en prendrai plein la gueule », a encore déclaré Jean-Pierre Masseret.

Wauquiez s’invite un peu trop chez les électeurs

Messages téléphoniques préenregistrés, SMS, mailing… D’après La Montagne, le candidat Laurent Wauquiez a fait feu de tout bois pour convaincre les électeurs de voter pour lui, dimanche. Un peu trop. Car certains habitants de la région jugent sa campagne intrusive. « Je n’ai pas apprécié. Cela aurait pu être n’importe quel candidat, c’était pareil. Je n’aime pas cette méthode "Tupperware" », explique notamment une habitante d’Issoire au quotidien régional. L’entourage du candidat de la droite explique, lui, que la démarche vise à faire baisser l’abstention.