Alain Juppé et François Fillon veulent abroger la loi Santé s'ils sont élus

SANTE Le projet de loi Santé doit être adopté définitivement avant la fin décembre par le Parlement, malgré de multiples contestations des professionnels...

D.B. avec AFP

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François Fillon et Alain Juppé le 23 mars 2015 à Pessac
François Fillon et Alain Juppé le 23 mars 2015 à Pessac — Nicolas Tucat AFP

La pillule n'est toujours pas passée pour les tenors de droite. Alain Juppé et François Fillon, candidats à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, ont assuré mercredi qu'ils abrogeraient totalement ou en partie la loi Santé de Marisol Touraine, s'ils étaient élus à la présidence de la République.

«J'ai bien l'intention, si j'accède aux responsabilités auxquelles je prétends, d'abroger la loi Touraine», a déclaré Alain Juppé lors d'un congrès de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) où étaient rassemblés des représentants des cliniques et hôpitaux privés à Paris. «Le gouvernement s'est engagé dans une opération méthodique de marginalisation et de dénigrement de l'hospitalisation privée», a-t-il ajouté, «je comprends votre exaspération, elle est légitime et je la partage».

Fillon veut que le privé retrouve sa place

Le projet de loi Santé, qui doit être adopté définitivement avant la fin décembre par le Parlement, suscite de vifs mécontentements parmi les professionnels de santé, dont les cliniques qui ont demandé mercredi au gouvernement «une égalité de traitement entre établissements publics et privés».

La candidat à la primaire du parti Les Républicains, qui «souhaite faire de la santé un des piliers de rayonnement de notre pays», a déclaré que «rien ne sera(it) possible si nous ne rétablissons pas un climat de confiance entre les acteurs du système de soins et les pouvoirs publics». «Aujourd'hui elle fait terriblement défaut», a-t-il estimé.

Quelques minutes plus tard, François Fillon, concurrent d'Alain Juppé pour la primaire, a été plus nuancé. «Les dispositions des textes législatifs qui viennent d'être adoptés, qui vont dans le mauvais sens, doivent simplement être abrogés et remplacés par des dispositions qui permettent une équité entre le service privé et le secteur privé», a déclaré le député de Paris. «La place des établissements privés dans l'organisation des soins doit être pleinement reconnue au même titre que établissements publics», a-t-il ajouté.

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Des lois santé aussi décriées sous la droite

En 1995,  Alain Juppé s'était attiré les foudres du corps médical pour sa réforme sur l'assurance maladie. Début septembre, il a fait son mea culpa à ce sujet devant les médecins libéraux réunis en congrès à la Baule, reconnaissant «un malentendu» dans lequel il portait «une lourde part de responsabilité».

François Fillon a reconnu de son côté mercredi que la loi HPST (hôpital, patients, santé et territoires), votée lorsqu'il était le Premier ministre de Nicolas Sarkozy, «avait fait débat». «Aucune réforme n'est parfaite (...), des erreurs sont apparues avec le temps», a-t-il concédé avant d'appeler à une «simplification de l'organisation» des Agences régionales de santé (ARS).

«Elles constituent dans bien des cas une tutelle administrative presque plus pesante que la précédente, car plus proche», a-t-il regretté.

Créées par la loi HPST de Roselyne Bachelot, les ARS sont chargées d'appliquer la politique de santé à l'échelle régionale en réunissant tous les acteurs (Etat, assurance maladie) et en coordonnant médecine de ville, hôpitaux, établissements du médico-social et maisons de retraite.