Valls réfute Macron: «C’est moi le chef du gouvernement»

SOCIAL Le Premier ministre a écarté un retour du régime social des indépendants vers le régime général de la Sécurité sociale pourtant défendu par son ministre de l’Economie…

W.M. avec AFP

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Le premier ministre Manuel Valls (d) discute avec Emmanuel Macron (g)lors d'une session de questions au gouvernement, le 3 novembre 2015 à Paris
Le premier ministre Manuel Valls (d) discute avec Emmanuel Macron (g)lors d'une session de questions au gouvernement, le 3 novembre 2015 à Paris — LIONEL BONAVENTURE AFP

Manuel Valls a rappelé, entre les lignes, qui était le patron. Invité de la matinale de BFMTV et RMC ce mercredi matin, le Premier ministre a écarté un retour du régime social des indépendants (RSI) vers le régime général de la Sécurité sociale. Piste pourtant défendue par son ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

« C’est moi le chef du gouvernement », a-t-il souligné quand l’animateur-vedette, Jean-Jacques Bourdin, lui a soutenu que cette idée avait été défendue la veille par Emmanuel Macron.

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« Délais de paiement raccourcis »

« La surcotisation que cela [un alignement sur le régime général] impliquerait, justement pour les indépendants, de l’ordre de 30 % de plus - je veux leur dire que ce n’est pas la bonne solution -, nous a conduits à écarter aujourd’hui cette option », a-t-il déclaré.

« Nous avons pris des mesures de simplification pour raccourcir les délais de paiement, pour sécuriser la liquidation, cela commence à porter des fruits », même si « c’est difficile », a-t-il souligné « Le gouvernement va présenter la semaine prochaine en Conseil des ministres l’ensemble de son plan par rapport au RSI, donc nous apportons des solutions dans le dialogue avec la profession », a poursuivi le Premier ministre.

Six millions d’affiliés

La veille, lors d’un séminaire devant des artisans, Emmanuel Macron avait défendu « un guichet adapté pour les indépendants au sein du guichet général », plutôt qu’un régime dédié comme le RSI, ce qui serait « sans doute une réforme plus pragmatique ».

Ce régime créé en 2006, et qui compte six millions d’affiliés (artisans, commerçants, professions libérales, retraités), essuie de nombreux reproches : erreurs dans les appels de cotisations, dossiers perdus ou encore interventions d’huissiers sur de fausses données, absence d’appels de cotisations pendant plusieurs années conduisant à des poursuites sans motif ou de mauvaises surprises au moment de la retraite.