Régionales 2015 : Mais ou est donc passé Manuel Valls?

ÉLECTIONS Le Premier ministre n'a pas pris la parole depuis le résultat des élections...

T.L.G.

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Manuel Valls dans l'isoloir le 6 décembre 2015.
Manuel Valls dans l'isoloir le 6 décembre 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Un seul être vous manque… Manuel Valls est bien allé voter au premier tour des régionales. Le « bulletin de vote est une arme contre le terrorisme », lâchait le Premier ministre, en même temps que son enveloppe dans l’urne, dimanche, à Evry (Essonne). Depuis, silence radio. Aucune réaction sur les 23.43 % du PS au niveau national. Pas davantage sur le score historique du Front national (27.73 %), en tête dans six régions métropolitaines.

Le Premier ministre avait pourtant pris la parole au soir du premier tour des départementales, pour appeler au « rassemblement ». Il se félicitait aussi que « l’extrême droite », ce soir-là, [ne soit] pas la première formation politique de France ». « Face à ce désaveu historique, son silence ne peut qu’interpeller », a raillé le député LR Georges Fenech au Figaro. « Il s’est retranché dans son bunker de Matignon ».

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« Il n’avait pas davantage à dire que Cambadélis »

« Son silence n’est pas habituel. Mais dimanche soir, son discours aurait été inaudible et noyé dans la victoire frontiste », analyse Philippe Moreau Chevrolet, président de MCBG Conseil. « Son timing est une stratégie de communication afin d’isoler sa parole ». « Le Premier ministre ne veut pas parler avant le travail de décantation politique. Il n’avait pas davantage à dire que Jean-Christophe Cambadélis hier, dont c’était le rôle », répond l’entourage de Manuel Valls.

Le Premier ministre Manuel Valls sort de l’isoloir dans un bureau de vote d’Evry le 6 décembre 2015 - THOMAS SAMSON AFP

Orchestrer la stratégie en sous-main

Dimanche soir, Manuel Valls a donc laissé le premier secrétaire du PS en première ligne. « Le total gauche laisse espérer de nombreuses victoires. La gauche, quand elle est unie, est la première force du pays », lançait Jean-Christophe Cambadélis après les résultats. A lui l’honneur, aussi, d’annoncer le retrait des listes socialistes dans le Nord et en Paca.

S’il n’a pas pris publiquement la parole, Manuel Valls a bien orchestré en sous-main ce « barrage républicain » avec le chef de l’Etat. Le Premier ministre réunissait dès dimanche après-midi à Matignon, ministres et collaborateurs, pour fixer la stratégie de l’entre-deux tours. « Manuel Valls continue à traiter la mécanique en appelant chaque candidat, en étant toujours en lien avec Jean-Christophe Cambadélis », poursuit un proche. « Par ailleurs, le diagnostic sur une victoire frontiste avait été déjà fait avant le vote… ».

« Faire battre le FN et mobiliser la gauche »

Manuel Valls avait alerté contre la « supercherie » du FN. Il avait aussi indiqué son souhait de « tout faire pour empêcher l’extrême droite » de remporter la victoire. L’idée de fusion des listes droite-gauche ayant été balayée par Nicolas Sarkozy, ne restait que la solution du retrait.

Ce lundi soir, le chef du gouvernement devrait préciser cette stratégie. « Il essaiera de faire avancer les choses pour la seconde partie de la campagne : faire battre le FN et mobiliser la gauche, car il y a de nombreuses régions où la gauche peut encore l’emporter si on crée une dynamique », espère-t-on dans son entourage. Manuel Valls devrait également mettre la pression sur Jean-Pierre Masseret. Le candidat socialiste en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine a décidé de se maintenir au second tour, contre l’avis de Solférino.