Régionales 2015: La mauvaise soirée de Nicolas Sarkozy

ELECTIONS En tête dans seulement quatre régions sur treize, les listes d’union de droite font beaucoup moins bien que le score espéré par Nicolas Sarkozy…

V.V.

— 

Nicolas Sarkozy prend la parole après le premier tour des régionales, le 6 décembre 2015.
Nicolas Sarkozy prend la parole après le premier tour des régionales, le 6 décembre 2015. — ERIC FEFERBERG / AFP

Début septembre, Jean-Christophe Lagarde, le patron de l’UDI, jugeait « possible » l’hypothèse d’une victoire de la droite dans toutes les régions de France. Le « grand chelem » n’aura pas lieu. C’est une droite groggy qui se réveille, ce lundi, en apparaissant en tête dans seulement quatre régions (Ile-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Pays-de-la-Loire).

>> Toutes les infos sur les Régionales sont dans notre live…

S’il faut toutefois attendre dimanche prochain pour connaître le vrai résultat des Républicains, les régionales s’affichent d’ores et déjà comme un échec pour Nicolas Sarkozy qui avait fait de ce scrutin une étape cruciale sur sa route de la reconquête du pouvoir lors des présidentielles de 2017 et assurait qu'il serait celui qui ferait barrage au FN.

« Jamais je ne me résignerai… »

Avec 26,89 % des voix au niveau national (selon les données du ministère de l’Intérieur), les listes d’union de la droite sont devancées par celles du Front national (27,96 %). Surtout, elles ne font guère mieux qu’aux régionales de 2010 (26,02 %). La vague bleue annoncée n’est qu’une vaguelette et ses rivaux dans la course à la primaire ne vont pas se priver de le lui rappeler.

>> Les faits : Le Front national sort vainqueur du premier tour

« J’ai conscience de la responsabilité qui pèse sur notre famille politique, a lâché l’ancien président de la République, dimanche soir, depuis le siège des Républicains. Nous devons rester lucides sur la lourdeur extrême de la tâche qui nous attend mais jamais je ne me résignerai… »

Le retour de l’antienne du « ni PS, ni FN »

Droit dans ses bottes, Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir qu’il n’envisageait pas que les listes de droite en difficulté se retirent ou fusionnent avec ses traditionnels opposants de gauche pour faire barrage au Front national, dimanche prochain.

Rien de neuf ! En février 2015, lors de la législative partielle dans le Doubs, Nicolas Sarkozy avait déjà fait de cette antienne « ni PS, ni FN » l’étendard de sa stratégie. Au final, le PS l’avait emporté. Et le responsable de droite avait été vivement critiqué pour son attitude.

Raffarin, NKM et Mariton prennent leurs distances

Sauf que cette fois, cette stratégie du ni-ni ne passent pas dans la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussilon, où la liste LR est arrivée troisième. Les centristes de l'UDI, mais aussi du parti les Républicains, comme Raffarin, appelent au retrait de la liste pour faire barrage au FN. Idem pour NKM. Les ténors devraient régler leurs compte lors du BN du parti ce lundi martin.

Ainsi, le bras droit de Juppé critique déjà la stratégie de Nicolas Sarkozy sur les réseaux sociaux:

Les résultats définitifs de ces élections régionales ne sont pas encore connus que Nicolas Sarkozy se retrouve donc à nouveau dans le viseur. C’est Hervé Mariton qui a ouvert le bal jugeant que « Nicolas Sarkozy n’est pas crédible ».

Si lui n'a jamais été un franc partisan de l'ex-préisdent, d'anciens soutiens se font aussi critiques. Tel Eric Woerth, qui estime que la droite n'a « pas de leader officiel et légitime» après le premier tour des élections régionales de dimanche. « La droite n'est pas prête, Les Républicains ne sont pas prêts, nous ne sommes pas en ordre de bataille nationale (...) notre projet n'est pas construit, il est en cours, la primaire n'a pas eu lieu, nous n'avons pas de leader officiel, légitime qui porte les couleurs officielles de l'ensemble du parti», a-t-il attaqué.