Pour Sarkozy, «quand on consulte des images de djihadistes, on est un djihadiste»

TERRORISME Lundi à Rouen, Nicolas Sarkozy a consacré l'essentiel de son discours de soutien au candidat aux régionales Hervé Morin à la thématique sécuritaire...

N.Bg. avec AFP

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Nicolas Sarkozy avec Hervé Morin à Rouen le 30 novembre 2015.
Nicolas Sarkozy avec Hervé Morin à Rouen le 30 novembre 2015. — ROBERT BEAUFILS/SIPA

Parce qu'il veut aller «plus loin» dans la lutte contre le terrorisme et l'embrigadement islamiste, Nicolas Sarkozy n'hésite pas à se lancer dans des formules marquantes. «Pardon de cette image mais quand on consulte des images de pédophilie, on est un pédophile, quand on consulte des images de djihadistes on est un djihadiste», a-t-il ainsi lancé lundi à Rouen, nuançant aussitôt: «A moins de démontrer qu'on est un professeur qui fait des recherches». «Pourquoi n'a t-on pas mis en oeuvre le délit de consultations de sites djihadistes» ?, avait-il auparavant questionné.

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Présent à Rouen dans un meeting de soutien à la liste de la droite et du centre menée en Normandie par Hervé Morin (UDI), l'ancien président a estimé que «rien n'a été fait» par le gouvernement en matière de sécurité depuis les attentats de janvier, demandant d'aller «plus loin», en créant notamment des «centres de déradicalisation».

«Il n'y en a plus que pour la COP21»

«Nous avons approuvé l'état d'urgence, les perquisitions, les décisions qui nous avaient été refusées alors que nous les demandions mais (...) nous voulons savoir ce qui s'est passé et pourquoi après les attentats de janvier rien n'avait été mis en oeuvre», pour éviter ceux du 13 novembre, a déclaré le président des Républicains (LR).

«Les familles [des victimes des attentats] sont en droit de se tourner vers les responsables et de dire: où a conduit votre attente, cette sorte de démission devant la bien-pensance», a-t-il ajouté. Selon lui «la République a reculé sous la presssion de la bien-pensance qui nous empêchait de débattre de ce que nous voulions débattre», rappelant les critiques qu'il avait essuyées après son discours de Grenoble, en juillet 2010, et à l'occasion du débat sur l'identité nationale.

«Lorsque j'avais dit que quelqu'un qui a trahi la France doit se voir retirer la nationalité française, c'était à Grenoble», a-t-il rappelé. Désormais, après les derniers attentats, la réponse est «naturellement sécuritaire», a-t-il estimé. «Je veux dire aux autorités qu'il faut aller plus loin, qu'il faut créer des centres de déradicalisation», a-t-il proposé. L'ancien président a consacré l'essentiel de son discours à la problématique des derniers attentats, n'abordant les régionales que pour soutenir la droite normande et regrettant que dans les médias «il n'y en a(it) plus que pour la COP21».