Pour Mélenchon, l'état d'urgence sert à «criminaliser les mouvements sociaux»

MANIFESTATIONS L'ancien candidat à la présidentielle du Front de gauche a publié une tribune anti-état d'urgence...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon, le 7 novembre 2015, à Strasbourg.
Jean-Luc Mélenchon, le 7 novembre 2015, à Strasbourg. — WITT/SIPA

Le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, s’est emporté ce lundi contre « les débordements absurdes » liés à l’état d’urgence, utilisé selon lui comme un « instrument pour criminaliser les mouvements sociaux ».

Mélenchon dénonce l’arrestation de manifestants dimanche

« L’état d’urgence, c’était donc bien ça : un instrument de plus pour criminaliser les mouvements sociaux ! » s’insurge l’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle dans une tribune publiée sur son blog et sa page Facebook.

 

L’état d’urgence, c’était donc bien ça : un instrument de plus pour criminaliser les mouvements sociaux ! Les...

Posté par Jean-Luc Mélenchon sur lundi 30 novembre 2015

 

Dans ce texte, Jean-Luc Mélenchon dénonce les assignations à résidence de militants écologistes, « la mise en résidence surveillée de l’avocat des marcheurs de la COP21 » et les « débordements absurdes comme ces portes ouvertes enfoncées dans un restaurant parisien », faisant référence à une perquisition musclée dans le Val d'Oise.

L’eurodéputé accuse également le Parti socialiste de vouloir « s’approprier les symboles de l’ordre contre la chienlit ». « Après quoi des personnes de bonne foi, simples partisans écologistes, n’ayant rien fait d’autre que de se faire enfermer dans la souricière de la place de la République, se sont retrouvées prises dans un record de gardes à vue en temps de paix », conclut Jean-Luc Mélenchon.

Dimanche, 317 personnes ont été placées en garde à vue lors d’un rassemblement qui a dégénéré place de la République, à Paris, où une manifestation pour le climat avait été interdite après les attentats du 13 novembre.

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Les écologistes réclament la libération des personnes en garde à vue

D’autres personnalités politiques de gauche ont aussi dénoncé l’état d’urgence. Nathalie Arthaud, tête de liste Lutte Ouvrière aux régionales en Ile-de-France, évoque « une manifestation pacifique pour l’écologie (…) agressée par la police ». « Il se confirme que l’état d’urgence instauré au prétexte de combattre le terrorisme ne sert qu’à faire taire ceux qui s’opposent à la politique du gouvernement », estime la responsable du parti d’extrême gauche dans un communiqué.

Les Jeunes Ecologistes ont aussi protesté ce lundi, affirmant dans un communiqué que l’état d’urgence semblait servir « davantage à étouffer la société civile et toute parole contestataire qu’à la protéger du risque terroriste ». Ils réclament « la levée de l’état d’urgence et des interdictions de rassemblement et de manifestation pendant la COP21, ainsi que la libération des militants assignés à résidence ou arrêtés arbitrairement lors de la marche » de dimanche.