VIDEO.Attentats à Paris: Manuel Valls dit sa «boule au ventre» depuis le 13 novembre

TÉLÉVISION Délaissant quelques instants son discours sécuritaire, le premier Ministre souhaitait s’adresser à la jeune génération…

H.S. avec AFP

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Capture d'écran de l'interview de Manuel Valls sur Canal + mardi soir.
Capture d'écran de l'interview de Manuel Valls sur Canal + mardi soir. — DR

Depuis les attentats du 13 novembre, Manuel Valls squatte les plateaux des JT et les studios radio. Mardi soir, le premier ministre a souhaité s’exprimer sur le plateau du Petit Journal de Canal + pour s’adresser aux jeunes téléspectateurs.

Alternant confessions intimes et discours sécuritaire calibré, son intervention a suscité de nombreuses réactions. Interrogé par Yann Barthès sur sa première pensée, en apprenant le vendredi 13 novembre que des attaques étaient menées à Paris et à Saint-Denis, le chef du gouvernement a déclaré : « J’ai pensé, ça y est, on y est ».

Invité à dire comment il avait appris l’existence d’attentats et ce qu’il avait pensé, le Premier ministre a rapporté que c’est Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, qui l’a d’abord informé.

« Moi aussi j’ai la boule au ventre. J’ai quatre gamins »

Une « connaissance » vivant près de la rue de Charonne l’a ensuite « alerté d’une fusillade avec des gens à terre et qui sans doute avaient été tués », a poursuivi Manuel Valls.

Vivre, c’est la réponse la plus forte face au terrorisme - Le Petit Journal du 24/11


« J’ai eu deux pensées », a-t-il poursuivi : « Ça y est, on y est : cet attentat multisites que nous redoutions, sur plusieurs endroits, de masse… et je ne savais pas à ce moment-là ce qui se passait ou ce qui pouvait se passer au Bataclan », a indiqué Manuel Valls.

« Puis ma deuxième pensée, c’était de savoir où étaient mes enfants. J’habite en effet ce quartier, celui d’Anne (Gravoin), ma femme. Ils étaient dehors. J’étais vite rassuré », a enchaîné le Premier ministre.

Il a indiqué avoir rendu visite « au Café des Anges, un café juste à côté, dont plusieurs employés ont été tués, ou blessés, ou concernés par ces attentats ».

« Il faut vivre »

« Mais bien sûr s’est vite imposée à moi comme au président de la République, au ministre de l’Intérieur, la nécessité de réagir fort et vite », a aussi lancé Manuel Valls. Le Premier ministre avait répété auparavant que le « terrorisme » était une « menace permanente et durable », avec laquelle il allait falloir « vivre ».

Il a rappelé l’épisode d’une rencontre « avec des jeunes dans un lycée agricole en Seine-et-Marne » peu après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo ou l’Hyper Cacher où il leur avait dit : « Votre génération va devoir vivre avec cette menace terroriste ».

« La boule au ventre, et ça m’a souvent empêché de dormir (…), et je partage cette angoisse avec Bernard Cazeneuve, nous savions et je sais que nous pouvons être frappés », a justifié Manuel Valls.

Pour autant, il faut que « cette génération » touchée par les attaques de Paris « s’épanouisse, puisse aller sur une terrasse de café prendre un verre, dans un concert, à un match de foot. Il faut vivre, c’est la réponse la plus forte que nous pouvons apporter au terrorisme. Vivre, et en même temps être vigilant. »