Attentats à Paris: Sarkozy attaque Hollande sur la sécurité

POLEMIQUE L’ancien chef de l’Etat accorde un long entretien au «Monde» ce mercredi, cinq jours après les attentats terroristes à Paris…

B.D. avec AFP

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Le président du parti Les Republicains (LR)et ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy après son entretien avec le président de la République, François Hollande, le 15 novembre 2015 à l'Elysee à Paris.
Le président du parti Les Republicains (LR)et ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy après son entretien avec le président de la République, François Hollande, le 15 novembre 2015 à l'Elysee à Paris. — AFP

Nicolas Sarkozy a sévèrement attaqué François Hollande et le gouvernement ce mercredi dans un entretien au Monde. Cinq jours après les attentats de Paris, l'ancien président déplore « trop de temps perdu » depuis les attentats de janvier et une insuffisante prise en compte de l’intervention en Syrie au plan de la « sécurité intérieure ».

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« A quel niveau de victimes faut-il fixer la barre pour employer le mot [faille] ? Est-ce que toutes les conséquences ont été tirées après les attentats du mois de janvier ? La réponse est non. Trop de temps a été perdu », dénonce le président du parti Les Républicains (LR). Se défendant de briser l’union nationale, Nicolas Sarkozy affirme qu’il « ne voi(t) pas en quoi (il) aurait manqué à la solidarité avec les victimes et au respect du peuple français en avançant des propositions ». « C’est le devoir de l’opposition républicaine car le risque de nouveaux attentats est malheureusement très élevé ».

« Revirement inattendu, inédit et spectaculaire »

En outre, « le gouvernement n’a pas non plus tiré toutes les conséquences de notre intervention militaire en Syrie sur le plan de la sécurité intérieure », tacle-t-il, estimant qu’il « aurait fallu renforcer notre dispositif antiterroriste » aussitôt. Selon l’ancien chef de l’Etat, « il faudra sans doute passer par la création d’une commission d’enquête parlementaire » afin de « tirer les enseignements de ce qui s’est produit ».

Nicolas Sarkozy se félicite ensuite d’un « revirement inattendu, inédit et spectaculaire » de François Hollande sur la politique de sécurité devant le Congrès à Versailles lundi, mais s’interroge : « Pourquoi si tard ? Pourquoi cela n’a pas été fait avant ? », soulignant que « tout ce que l’opposition a demandé [après les attentats de janvier] n’a pas été entendu ». Il invite d’ailleurs « le gouvernement [à reprendre] celles de nos propositions qu’il n’a pas encore retenues ».

Soutiens

Quant aux mesures envisagées par François Hollande, et énoncées lundi devant le Congrès, l’ancien président redit qu’il n’est « pas contre une réforme constitutionnelle », mais « tout dépendra de ce qu’il y aura dedans. (…) Si cela permet de renforcer la sécurité immédiate des Français, nous la soutiendrons ». Il ajoute qu’il serait « incompréhensible » que les parlementaires LR refusent de valider la prorogation de l’état d’urgence à trois mois.

Dans les pages du Monde, Nicolas Sarkozy reproche à François Hollande d’avoir « parlé avec trop de légèreté de la situation économique et financière de la France. Nos déficits et notre dette publique remettent en cause notre indépendance ». François Hollande a estimé, devant le Congrès, que « le pacte de sécurité (l’emportait) sur le pacte de stabilité », une manière d’enterrer les objectifs de réduction de déficit de la France en raison du surcroît de dépenses lié aux attentats.