Attentats à Paris: Nicolas Sarkozy signe la fin de l'unité nationale

TERRORISME L'ancien président de la République veut bien être «constructif», mais seulement si ses propositions sont retenues...

M.P.

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Nicolas Sarkozy, président des Républicains, le 14 novembre 2015 à Paris
Nicolas Sarkozy, président des Républicains, le 14 novembre 2015 à Paris — BERTRAND GUAY AFP

« Polémiquer ne serait pas digne, mais à la question “Sommes-nous en sécurité aujourd’hui ?”, la réponse hélas est non ». En une phrase, prononcée dimanche soir le plateau de TF1, deux jours après les attentats, Nicolas Sarkozy a mis fin à l’union nationale qui prévalait depuis vendredi soir, et qu’il avait déjà mise à mal dans la matinée, à sa sortie de l’Elysée.

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Cette brèche dans l’unité nationale n’est pas vraiment étonnante si l’on s’en tient aux propos qu’il a tenus, dimanche dans l’après-midi, devant des cadres du parti Les Républicains. « Il ne faut plus parler d’unité nationale », une expression que les Français, dix mois après les attentats de janvier, « ne comprennent pas », mais de « solidarité » avec le gouvernement. Sur le plateau de TF1, l’ex-président a légèrement nuancé ses propos, indiquant son approbation de « l’unité nationale, la solidarité nationale » mais « pour une meilleure sécurité, pas simplement pour faire des discours ».

Alain Juppé en désaccord

L’ex-chef de l’Etat s’est dit « prêt à être constructif » avec le gouvernement actuel, si ses propositions sont retenues. Il a notamment évoqué la pose de bracelets électroniques et l’assignation à résidence de toutes les personnes fichées S. Sur le perron de l’Elysée, à l’issue de son entretien avec François Hollande, il avait réclamé des « modifications drastiques » de la politique de sécurité intérieure, mais aussi des « inflexions » en matière de politique étrangère, en intégrant la Russie dans la coalition anti-Daesh, comme il l’a expliqué sur TF1.

La stratégie menée par Nicolas Sarkozy fait grincer des dents dans le parti de droite, notamment du côté d’Alain Juppé. Après « l’attaque inouïe » de vendredi, il n’y a qu'« une seule riposte : faire bloc », écrit l’ex-Premier ministre, ajoutant que « seule une France rassemblée, unie, soudée peut gagner. Des Français rassemblés, unis, soudés autour des autorités qui sont aujourd’hui en charge des destinées de notre pays, le président de la République et le gouvernement. »

Toute la classe politique, sauf Nicolas Sarkozy qui n’a pas de mandat parlementaire, se retrouve ce lundi, pour le Congrès, à Versailles, où le chef de l’Etat va s’exprimer.