Attentats à Paris: Trois choses à retenir de l’interview de Manuel Valls sur TF1

TERRORISME Le chef du gouvernement s’est exprimé ce samedi soir au journal télévisé, au lendemain des attaques à Paris…

C.P.

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Le Premier ministre Manuel Valls, le 2 mars 2014 sur le plateau du 20h de TF1.
Le Premier ministre Manuel Valls, le 2 mars 2014 sur le plateau du 20h de TF1. — PATRICK KOVARIK-POOL/SIPA

Rassembler et mobiliser. Interviewé au lendemain des attaques sanglantes qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés dans la capitale, Manuel Valls a tenu un discours combatif, voire guerrier. Mais a aussi voulu se poser en garant de l’unité nationale, y compris en tendant la main à l’opposition. Retour sur les trois points clés de son interview.

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C’est la guerre et la France va la gagner

En attaquant la France, l’armée terroriste de Daesh lui a déclaré la guerre. Et la France entend bien lui rendre coup pour coup. C’est ainsi que le chef du gouvernement a démarré son entretien.

« Nous sommes en guerre et, parce que nous sommes en guerre, nous prenons des mesures exceptionnelles (…) Nous répondrons au même niveau que cette attaque », a expliqué Manuel Valls. Tout en envisageant « d’autres répliques » des « terroristes », Manuel Valls a fixé deux moments importants dans les jours qui viennent : « le prolongement sans doute, de l’état d’urgence » décrété vendredi soir et « le prolongement de notre action avec la volonté de toucher et d’anéantir Daesh. L’ennemi, c’est Daesh ».

Une guerre qu’il entend également mener sur les terrains extérieur et intérieur : « Nous agirons et nous frapperons cet ennemi » djihadiste « pour le détruire » en France, en Europe et en Syrie et en Irak, a déclaré le Premier ministre. Il a ainsi affirmé qu’il fallait faire « vivre nos valeurs ». « Nous devons anéantir les ennemis de la République, expulser tous ces imams radicalisés, comme nous le faisons, déchoir de la nationalité ceux qui bafouent ce qu’est l’âme française et nous le faisons également », a-t-il déclaré.

La France ne bougera pas son agenda

Autre signe fort à destination de l’ennemi Daesh, le chef du gouvernement a confirmé les propos du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en annonçant le maintien de la Conférence mondiale sur le climat prévue à Paris dans deux semaines : « La COP21 (…) qui fait et qui fera de Paris la capitale du monde, se tiendra. » Tout comme les élections régionales du mois de décembre : « Les élections régionales se tiendront. Au fond, c’est l’une des plus belles réponses que nous pouvons donner à ceux qui s’attaquent à nos valeurs, à la démocratie », a-t-il fait valoir.

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Main tendue à l’opposition

Dans ce contexte très délicat, le Premier ministre s’est également posé en rassembleur et en garant de l’ordre public : « Dans ces moments-là, où nous pouvons subir d’autres attaques (…), vous n’entendrez aucun mot qui peut remettre en cause les forces de l’ordre, nos services de renseignement » a indiqué Manuel Valls, récusant toute défaillance.

« Il n’y aura pas un moment de répit pour ceux qui s’attaquent aux valeurs de la République (…) aujourd’hui plus que jamais, c’est l’unité et le rassemblement qui est notre bouclier », a répeté Manuel Valls. Interrogé sur la proposition de Laurent Wauquiez, secrétaire général des Républicains, de placer dans des « centres d’internement antiterroristes » les personnes fichées pour terrorisme, Manuel Valls a botté en touche : « Je suis prêt à examiner toutes les solutions qui sont réalistes, conformes au droit, à nos valeurs et surtout qui soient efficaces », a-t-il dit.