Régionales: Le PS fait monter la pression pour mobiliser l'électorat contre le FN

ELECTIONS Le parti socialiste élabore sa stratégie entre les deux tours des élections régionales pour empêcher une victoire du Front national dans certaines régions...

D.B. avec AFP

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Manuel Valls à Matignon le 4 novembre 2015.
Manuel Valls à Matignon le 4 novembre 2015. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La tension monte à un mois des élections régionales. Manuel Valls a donc décidé de monter en première ligne pour tenter de contrer le Front national. Il a mis en garde dimanche contre la victoire du FN dans une ou plusieurs régions, qui constituerait un «drame», selon lui.

Invité du «Grand Rendez-vous» Europe 1/iTELE/Le Monde, le Premier ministre s'est par ailleurs efforcé de rassurer sur l'action du gouvernement, après une série de cafouillages ces derniers jours, se disant «lucide» sur les difficultés des Français mais aussi confiant dans la politique de la gauche, «en train de donner des résultats».


Valls : "ce serait un drame que le FN gagne une... par Le front républicain si besoin est

Il faudra «tout faire» pour éviter que des régions soient gagnées par le FN, a-t-il martelé, réitérant des propos sous-entendant que le PS serait prêt à pratiquer un «front républicain» avec la droite. «Oui, ce serait un drame que le Front national gagne une, deux ou trois régions», a affirmé Manuel Valls, à exactement quatre semaines du premier tour des régionales où le FN peut espérer l'emporter en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, voire en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

«Il faudra analyser ces résultats (du premier tour) et ensuite tout faire» pour empêcher la victoire du FN, a réaffirmé Manuel Valls, qui n'en dit «pas plus à ce stade» afin que les candidats PS «fassent le score le plus important».

Mais «nous prendrons nos responsabilités» comme la droite devra le faire, car, «dans ces moments-là, nous devrons être désintéressés. Le plus important, ce sera d'empêcher que l'extrême droite antisémite et raciste ne prenne une région», a-t-il ajouté.

Des réactions outrées au FN

Le Premier ministre est coutumier d'avertissements sur la progression et les risques du FN, déjà lancés à l'approche des européennes de 2014 et des départementales de mars. La droite l'accuse de doper ainsi plus ou moins volontairement le FN.

Sans surprise son intervention a sucité l'ire de Marine Le Pen, qui a réagi sur Twitter.

 

«Manuel Valls devrait se regarder dans un miroir et gouverner la France avant de déverser ses tas d'ordures sur des millions d'électeurs français qui ont le grand tort d'aimer leur pays». Les attaques contre le FN, «ça ne marche plus, M. Valls. Travaillez!», lui a rétorqué sur iTELE Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen.

Même son de cloche chez Lydia Guirous, porte-parole du parti Les Républicains: «Depuis 2012, le FN a gagné plus de 10 points. Aujourd'hui Manuel Valls pousse des cris de vierge effarouchée face à la montée du FN, dont il porte, avec François Hollande, la responsabilité», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Royal refuse de penser déjà au second tour

Preuve que la victoire du Fn dans plusieurs régions inquiète la gauche, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, a  lui aussi déclaré dimanche que le PS ne devait «rien exclure» entre les deux tours des élections régionales pour empêcher une victoire du Front national, et a dénoncé des médias «amorphes» face au FN.

«Je pense que le Front national peut être en tête dans deux, trois, quatre régions», a-t-il déclaré lors du «Forum Radio J».

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a, elle, estimé qu'il ne fallait «pas entrer dans cette logique» du positionnement pour le second tour. «L'anticipation de la défaite est insupportable avant que les Français ne se soient exprimés. Cela exaspère les électeurs (...) Les stratégies électorales ne déterminent au soir du premier tour», a-t-elle déclaré sur France 3.