Campagne Sarkozy: L'enquête étendue à d'autres dépenses suspectes que celles liées à Bygmalion

JUSTICE Une dizaine de millions d'euros de dépenses inscrites au budget de l'UMP en 2012 intéresse les enquêteurs...

T.L.G. avec AFP

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Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013.
Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Le parquet de Paris a étendu l'enquête sur la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 à d'autres dépenses suspectes que celles liées à Bygmalion, pour plus de 10 millions d'euros, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire.

Le parquet a pris un réquisitoire supplétif le 26 octobre, après avoir été sollicité par les juges d'instruction. Ces derniers s'interrogent sur une dizaine de millions d'euros de dépenses inscrites au budget de l'UMP en 2012 et qui ne figurent pas dans le compte de campagne.

Des factures manquantes, pour 1,5 à 1,8 millions d'euros, d'une autre société que Bygmalion, Agence Publics, pour ses prestations lors du meeting de Villepinte, le 11 mars 2012, suscitent également l'intérêt des juges, ont expliqué à l'AFP des sources proches du dossier.

18.5 millions d'euros de dépenses de meetings

Ces sujets ont été abordés lors d'une confrontation chez les juges entre cinq mis en examen le 9 octobre, ont ajouté ces sources. Les enquêteurs soupçonnent déjà qu'environ 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings ont été illégalement imputées à l'UMP, via des fausses factures, par la filiale événementielle de la société de communication Bygmalion, Event&Cie, alors qu'elles devaient figurer dans les comptes de campagne.

Cette fraude aurait eu pour but de masquer une explosion du budget, limité à 22,5 millions. Son existence a été reconnue par des cadres de Bygmalion ainsi que par Jérôme Lavrilleux, à l'époque directeur adjoint de la campagne et bras droit du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Les juges ont mis en examen treize responsables de Bygmalion, de l'UMP ou de l'équipe de campagne, dans l'information judiciaire pour faux, escroquerie, abus de confiance et financement illégal de campagne électorale. A l'exception de Jérôme Lavrilleux, les cadres de l'UMP ou de la campagne ont réfuté avoir eu connaissance d'une fraude.