«Air Cocaïne», faux putsch… Les histoires surprenantes impliquant des frontistes

POLITIQUE Après la fuite de pilotes organisée par deux membres du FN, retour sur d’autres événements parfois troubles liés au parti…

Anne-Laëtitia Béraud

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Claude Hermant, ancien membre du service d'ordre du Front national, le 8 octobre 2011 à Lille.
Claude Hermant, ancien membre du service d'ordre du Front national, le 8 octobre 2011 à Lille. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

Alors que le député européen FN Aymeric Chauprade et son assistant parlementaire ont affirmé avoir participé à la fuite des deux pilotes impliqués dans l’affaire « Air Cocaïne », le Front national, par la voix de sa présidente, a tenu à ne pas être mêlé à cette histoire sulfureuse. « Je désapprouve qu’Aymeric Chauprade prenne une initiative personnelle qui engage, au moins dans l’image que ça donne, le FN », a déclaré Marine Le Pen à « Questions d’info ». Cet épisode trouble n’est pourtant pas le premier chez les frontistes et leurs proches.

Un sulfureux service d’ordre

Le service d’ordre du FN, le « Département protection sécurité » (DPS), traîne des drôles d’histoires qui mènent l’Assemblée nationale à s’intéresser à lui en 1999. Une commission d’enquête étudie « les agissements, l’organisation, le fonctionnement et les objectifs » de ce service. Elle relève des dizaines d’actes violents et des condamnations de membres du DPS. Le nom de l’ex-directeur national de l’organisation, Bernard Courcelle, revient dans plusieurs affaires de mercenaires et de trafic d’armes. Selon Jean-Pierre Pochon, ancien directeur des renseignements généraux à la Préfecture de police de Paris, il existe des liens entre le DPS et des sociétés de sécurité privées. « Quelques sociétés de sécurité sont directement gérées par des militants du Front national (…) Il existe clairement une grande perméabilité entre le DPS, certaines sociétés de sécurité et des réseaux mercenaires », explique-t-il à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

Des mercenaires en Afrique

L’ombre de Bernard Courcelle se déploie sur plusieurs histoires troubles. En 1999, neuf mercenaires, dont six membres du DPS envoyés par Courcelle, arrivent au Congo. Ils vont, comme le rapporte Libération, monter un faux putsch contre 50 000 dollars (46 000 euros) par homme. L’ex-chef du DPS aurait agi pour le compte du président Sassou N’guesso pour faire accuser l’opposition de complot. L’affaire tourne court et les mercenaires sont arrêtés, emprisonnés, avant d’être graciés quelques mois plus tard.

Claude Hermant, ancien militaire visé dans l’enquête sur Amédy Coulibaly

L’identitaire lillois Claude Hermant, membre du DPS entre 1994 et 1999, est une personnalité trouble. En 2001, il confie à Libération ses missions de « fantôme » quand il était encore membre du service d’ordre du Front national. L’ancien militaire dit avoir été « formé » à « l’infiltration et à la manipulation de foule » par ce service pour « organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front ». A l’étranger, il fait partie de l’équipée au Congo en 1999, et évoque une opération dans l’ex-Zaïre (devenu depuis lors République démocratique du Congo). Les propos de Claude Hermant ont été démentis par le FN. En 2015, le nom du Lillois réapparaît. Ecroué, comme le rapporte La Voix du Nord en mai, il est soupçonné d’être impliqué dans le réseau qui a fourni des armes à Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque contre l’Hyper Cacher en janvier 2015.

Les liens de Frédéric Chatillon avec le régime syrien

Ami de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon est à la tête de la principale société prestataire du Front national, Riwal. En 2015, cet ancien chef du syndicat étudiant d’extrême droite GUD a été mis en examen pour escroquerie puis pour financement illégal de parti politique. Comme d’autres frontistes, Frédéric Chatillon a des liens particuliers avec la Syrie de Bachar al-Assad. Comme le rapporte Mediapart en 2012, la société Riwal a perçu entre 100 000 et 150 000 euros par an par le régime syrien pour gérer sa communication. Une enquête sur les fonds reçus a été ouverte puis close en 2012. Soutien de longue date du régime, comme le précise le site, Frédéric Chatillon apparaît sur plusieurs clichés en 2006 et 2008 en Syrie, où il pose notamment aux côtés de Dieudonné et Alain Soral. L’homme continue aujourd’hui de soutenir le régime de Bachar al-Assad sur les réseaux sociaux.