Légion d'honneur: Qui est Ramzi Khiroun, l’ex-conseiller de DSK bientôt décoré?

PORTRAIT Conseiller spécial d'Arnaud Lagardère, Ramzi Khiroun, peu connu du grand public, a fait partie des très proches de DSK...

B.D.

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Le conseiller en communication Ramzi Khiroun, le 3 juin 2013 à Paris. Lancer le diaporama
Le conseiller en communication Ramzi Khiroun, le 3 juin 2013 à Paris. — AFP PHOTO JOEL SAGET

Visiblement Dominique Strauss-Kahn ne se rendra pas à l’Elysée le 19 novembre ? Mercredi, le Canard enchaîné révélait que l’ancien directeur du FMI figure sur la liste des quelque 300 invités à la remise, par François Hollande, de la Légion d’honneur à Ramzi Khiroun. Une information démentie par une source au Château, selon un article de l’Express publié en fin de journée.

Car, s’il est aujourd’hui conseiller spécial d’Arnaud Lagardère, Ramzi Khiroun, peu connu du grand public, a en effet fait partie des très proches de DSK avant le scandale du Sofitel en 2011. Les deux hommes se sont connus en 1999, peu après la démission du ministre de l’Economie de Lionel Jospin après sa mise en examen dans le dossier de la Mnef où il bénéficiera finalement d’un non-lieu.

Culot et franc-parler

Fils d’un couple d’artisans taxi d’origine tunisienne, Ramzy Khiroun est né dans le XVe arrondissement de Paris, mais a en commun avec DSK la ville de Sarcelles (Val-d’Oise), où il a passé son adolescence et sa jeunesse. L’histoire raconte que le jeune homme d’à peine 27 ans, titulaire d’une licence en sciences économiques à la Sorbonne et PDG de sa propre agence de com’(KR communications), a coincé la voiture du socialiste en haut des Champs-Elysées pour se présenter.

Un culot qui séduit DSK, qui en fait son homme de confiance. Ce communicant qui refuse de se plier aux codes du monde politique et au franc-parler qui détonne, selon L’Express, et à qui Le Parisien attribue « les gestes, la tchatche et un physique de bodyguard musclé », reste dans le sillage de l’homme politique, l’épaulant et le protégeant durant sa traversée du désert. Une voie qui lui permet d’entrer en 2001 à Euro RSCG, par l’entremise du socialiste, en tant que spécialiste des situations de crise.

Il fait partie, avec Stéphane Fouks, de l’équipe de campagne de Lionel Jospin en 2002, mais continue de conseiller DSK, travaille sur la primaire (perdue) de 2006 contre Ségolène Royal, et assure sa campagne mondiale pour la direction du FMI en septembre 2007. Il est engagé le mois suivant par Arnaud Lagardère, dont le groupe est englué dans les soupçons de délit d’initié dans l’affaire EADS.

Bras droit d’Arnaud Lagardère

Devenu bras droit d’Arnaud Lagardère, Khiroun continue cependant d’effectuer des missions de consultant pour Euro RSCG, et assiste DSK à Washington en octobre 2008 après la révélation de sa liaison avec Piroska Nagy. L’année suivante, il assure avec l’avocat Jean Veil la défense du tennisman Richard Gasquet, protégé d’Arnaud Lagardère, contrôlé positif à la cocaïne en mai 2009.

Sa carrière et son réseau tant au sein « du CAC 40, de la politique, du show-biz et des médias », comme le soulignait L’Express, lui valent de figurer dans le classement des « 30 hommes les plus influents de France » réalisé par le magazine GQ en février 2010. Une distinction qui ne sied guère au « spin-doctor » aux cheveux courts, habitué des costumes ajustés et des mocassins italiens, qui « déteste la lumière. "Je n’ai pas envie de parler de moi ni de ce que je fais. (…) Moins j’apparais, mieux je me porte" », indiquait-il à L’Obs. Une discrétion qui connaît un raté en avril 2011, lorsqu’il est photographié en compagnie de Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair et devient « l’homme à la Porsche », qui entraîne une vive polémique sur le train de vie du présidentiable.

Après l’arrestation de son mentor en mai 2011, Khiroun a poursuivi son ascension au sein du groupe Lagardère, avant de se rapprocher l’an dernier de François Hollande, se rendant indispensable au moment de la sortie du livre de Valérie Trierweiler. Logique donc que, dans la salle des fêtes du Palais le 19 novembre prochain, la crème de la politique -anciens chefs de l’Etat et Premiers ministres- et des grands chefs d’entreprise se pressent autour de « l’homme le plus influent de France », comme le surnommait L’Obs en avril dernier.