Régionales: Pour Alain Rousset (PS), «les pouvoirs publics c’est la protection du faible au fort»

ELECTIONS Le président de l’Aquitaine et candidat à la grande région évoque pour «20 Minutes» les points principaux de son programme électoral…

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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Portrait du président de la région Aquitaine, Alain Rousset. Photo : Sebastien Ortola
Portrait du président de la région Aquitaine, Alain Rousset. Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Président de la région Aquitaine, Alain Rousset (PS) va conduire la gauche les 6 et 13 décembre prochain, pour prendre la présidence de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Vous visitez de nombreuses entreprises innovantes dans le cadre de votre campagne. Comment imaginez-vous une synergie entre toutes les PME au sein de la grande région ?

Il faut que le modèle qu’on a mis en place pour les PME-TPE s’étende. L’essentiel c’est l’emploi et les entreprises. Il faut créer du lien entre les universités et les entreprises à Poitiers et Limoges comme nous l’avons fait à Pau et Bordeaux. Et il faut encourager les start-up. Unitech que j’ai créé à Pessac en est à plus de 300 entreprises créées. Notre modèle social est finançable à condition que nous créions de la richesse depuis les entreprises. La grande région doit amplifier cette stratégie.

Le développement du haut débit fait partie des enjeux principaux ces prochaines années. Quelle est votre stratégie ?

Dans le cadre de l’aménagement du territoire, le premier défi c’est le très haut débit. Les agriculteurs ont besoin du haut débit. Les opérateurs se sont partagé les zones les plus denses, et on a laissé aux collectivités locales le soin de s’occuper des zones moins denses. Le modèle que nous avons construit avec le Limousin, Poitou-Charentes, l’Aquitaine, c’est de dire nous sommes des investisseurs. L’avantage c’est qu’à terme il y aura un retour sur investissement, car nous négocierons avec les opérateurs la location des réseaux. L’idée c’est d’avoir très vite 600.000 prises supplémentaires. Il est aussi possible que d’autres technologies, moins coûteuses en investissement, comme les technologies satellitaires, percent.

Il y a eu un débat sur votre candidature, sur le fait que vous vous représentiez une quatrième fois alors qu’une règle interne au PS limite le nombre de candidatures à trois…

Il n’y a jamais eu de problème. Cette règle n’a jamais été réellement arrêtée. Ensuite il y a une loi, et je l’appliquerai. On en a surtout parlé en Ile-de-France, mais parce qu’il y avait un challenge entre Jean-Paul Huchon et sa première vice-présidente Marie-Pierre de la Gontrie.

Votre adversaire principale, Virginie Calmels, souhaite rénover la politique, que les régions soient gérées comme les entreprises. Pensez-vous aussi qu’il y a nécessité de réformer ?

Virginie Calmels confond une entreprise et un pouvoir public. Son discours de dire : « vous êtes les actionnaires de la région » est un peu étonnant… On reproche suffisamment aux actionnaires de trop prélever sur la richesse par rapport à la vie économique. Les pouvoirs publics c’est la protection du faible au fort. L’actionnaire, c’est l’inverse. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas rénover les pouvoirs publics. Mais moi j’entends remettre le mot public au sein des services publics.

Elle vous a également attaqué sur un financement de 900.000 euros de la région au quotidien Sud Ouest réalisé en septembre dernier, donc quelques mois avant les régionales.

Virginie Calmels fait le choix d’aller sur les télés parisiennes, mais ne veut pas que le travail de son adversaire sur le terrain soit couvert par la presse régionale. Elle ne s’est pas posé la question que je n’étais pas une minute pour lui répondre à BFM, Canal ou France 2. Tout se passe comme si elle voyait la presse comme chez Bolloré. Et sur le fond, il y avait urgence à boucler le plan de financement de Sud Ouest, dont la région n’a financé qu’une petite partie, il faut le rappeler.