VIDEO. «Plan de sécurité»: Les quatre annonces phares de Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Le patron des Républicains dévoile ses propositions dans un entretien au Parisien...

T.L.G.

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L'ex-président Nicolas Sarkozy, le 29 octobre 2015 fait un discours devant les étudiants du MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou
L'ex-président Nicolas Sarkozy, le 29 octobre 2015 fait un discours devant les étudiants du MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou — KIRILL KUDRYAVTSEV AFP

Nicolas Sarkozy dévoile son « plan sécurité ». Le patron des Républicains a présenté une série de propositions pour «renforcer la sécurité des Français» à l'occasion d'une journée de travail sur cette thématique, épinglant au passage la politique du gouvernement. 20 Minutes a sélectionné les quatre annonces importantes de l’ancien chef de l’Etat.

1. « Libérer les forces de l’ordre des tâches secondaires »

Nicolas Sarkozy entend « libérer » les forces de l’ordre « de toutes les tâches secondaires ou périphériques » pour les « concentrer » sur ses missions essentielles : ordre public, renseignement, investigation. L’ancien chef de l’Etat donne un exemple dans un entretien au Parisien ce mardi: permettre aux employés d’autoroute « de constater les infractions » liées à la vitesse et « de transmettre ces constats à l’autorité de police, administrative ou pénale ».

« Je ne vois pas pourquoi cela doit être exclusivement un motard de la gendarmerie ou de la police qui doit faire les contrôles de vitesse, sur un axe d’autoroute concédé par l’Etat », justifie-t-il.

2. Armer les policiers municipaux

Dans le même temps, les policiers municipaux pourraient accomplir des tâches moins essentielles. Ceux des villes de plus de 10.000 habitants seraient armés, «sauf opposition du conseil municipal», propose-t-il. Les policiers municipaux devront pouvoir utiliser les fichiers de police pour les vérifications et contrôles d'identité.

3. « Restaurer l’autorité de l’Etat »

Le patron des Républicains fait un constat dans le Parisien : « Il n’y a plus d’autorité de l’Etat », citant l’exemple de la mise en échec mercredi d’une opération policière franco-allemande à Tarnac (Corrèze), où vit Julien Coupat, militant libertaire soupçonné de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires en 2008. « Une trentaine d’activistes ont empêché des fonctionnaires de police de perquisitionner », dénonce-t-il. « Les policiers n’ont pu exercer leur mission faute de soutien de leur autorité », « énième illustration » selon lui « de l’affaiblissement de l’Etat et de son autorité ».

Parallèlement, « il y a un domaine dans lequel (la ministre de la Justice) Christiane Taubira tient ses promesses : le nombre de détenus a diminué en France depuis trois ans. Les délits augmentent et le nombre de gens en prison diminue, qui peut l’accepter ? ». Il ajoute. « La République doit cesser de reculer partout ». « L’exécution des peines » doit être « la priorité », fait-il valoir, proposant aussi « que les trafiquants de drogue qui auront réellement effectué leurs peines de prison soient interdits de séjour à leur sortie de prison dans le quartier où ils ont commis leurs méfaits ».

Autres propositions: «installation de postes permanents de vigie policière la nuit dans les quartiers les plus difficiles», réforme de la justice des mineurs devenue «illisible» sous le ministère de Christiane Taubira, lutte «contre les campements sauvages»...

4. Discuter de la présomption de légitime défense

Nicolas Sarkozy estime que cette proposition permettrait aux policiers de pouvoir mieux se défendre. « Chaque jour, il y a en moyenne une vingtaine de policiers et gendarmes blessés en service. Les atteintes aux forces de l’ordre sont en train d’exploser. Et ils n’ont droit de se servir d’une arme qu’à partir du moment où on leur tire dessus. Je souhaite qu’on débatte de la présomption de légitime défense », et balaye l’idée d’une course aux idées du FN. « Ce n’était pas une proposition de Marine Le Pen, mais des syndicats de policiers qu’elle a repris à son compte ».

5. Lutte contre le terrorisme

En matière de lutte antiterroriste, « tout étranger ou binational qui a fait le djihad ne doit pas revenir en France. Et tout Français parti faire le djihad doit, quand il revient, aller en prison », assure-t-il. Pour mieux lutter contre la menace terroriste, Nicolas Sarkozy estime que « la seule façon d’avoir des effectifs en plus tout de suite, c’est les heures supplémentaires ».