Air Cocaïne: L'entourage de Sarkozy demande des explications au gouvernement et à la justice

JUSTICE Le téléphone de l'ancien chef de l'Etat a été géolocalisé en marge de l'affaire...

T.L.G. avec AFP

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Nicolas Sarkozy aux Journées parlementaires des Républicains le 23 septembre 2015 à Reims
Nicolas Sarkozy aux Journées parlementaires des Républicains le 23 septembre 2015 à Reims — FRANCOIS NASCIMBENI AFP

Les Républicains demandent «des explications» au gouvernement. Des proches de Nicolas Sarkozy s'interrogent sur la géolocalisation du téléphone de l'ex-président de la République en marge de l'affaire Air cocaïne.

«Nous attendons des réponses de la part du gouvernement», a déclaré sur LCI et Radio Classique Luc Chatel, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, quelques minutes après que l'avocat de l'ancien président, Thierry Herzog, a annoncé sur Europe 1 qu'il allait écrire au procureur de Marseille pour «demander des explications» sur cette géolocalisation.

Selon des informations publiées dimanche dans le Journal du dimanche, le téléphone de l'ancien chef de l'Etat a été géolocalisé et les factures détaillées de ses communications demandées par la juge marseillaise chargée de l'enquête sur un vaste trafic de drogue transatlantique.

«Nous demandons des explications au Garde des Sceaux, qui n'a pas été claire dans ses réponses. Comme toujours, comme elle n'avait pas été claire au moment de la précédente affaire des écoutes. Est-ce que Mme Taubira savait que l'ancien président de la République avait été pendant un an sur écoutes dans une affaire lié à un trafiquant de drogue alors qu'il n'a rien à voir dans cette affaire?», a développé Luc Chatel.

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«Il y a un moment où trop, c'est trop. On a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir abusé d'une personne âgée. On l'accuse maintenant d'être de mèche avec des trafiquants de drogue», a accusé Luc Chatel.

«On ne peut pas en permanence mettre en cause des personnalités pour ensuite expliquer que c'est le cours normal de la justice», s'est pour sa part insurgé Me Herzog au micro d'Europe 1, dénonçant par ailleurs une «atteinte à la vie privée» et des «mesures coercitives» contre son client. «M. Sarkozy n'a eu aucun contact avec les personnes mises en cause dans cette affaire», a-t-il martelé. «Il y a une volonté de traiter le président Sarkozy (...) différemment des autres citoyens», a estimé Me Herzog.

Le juge d'instruction «prend ses décisions en toute liberté»

«Des informations qui sont à notre disposition, ça n'a rien à voir avec du trafic de drogue», avait expliqué dimanche la garde des Sceaux, interrogée sur BFMTV. Se défendant de toute manoeuvre, elle a rappelé que le juge d'instruction «prend ses décisions en toute liberté. Nous sommes informés après».

«Ce que nous savons, c'est qu'il s'agit d'une autre infraction et d'une autre procédure et que le trait commun entre ces deux procédures, c'est qu'il s'agit de la même société de transport», a-t-elle expliqué.

En marge de l'affaire Air cocaïne, une information judiciaire est ouverte à Paris pour abus de biens sociaux autour de trois vols en jet privé de l'ex-président en 2012-2013, facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit. L'un de ces vols a été effectué à bord de l'avion incriminé dans l'affaire Air Cocaïne.