Réforme de la Constitution: Sarkozy consulte

INSTITUTIONS Alors que «Le Monde» révèle la liste des membres du comité chargé de la réflexion sur la réforme…

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Nicolas Sarkozy a lancé mardi son grand chantier de réforme des institutions en commençant à consulter les partis politiques, avant d'installer mercredi un "comité de réflexion" de treize membres, dont le socialiste Jack Lang.
Nicolas Sarkozy a lancé mardi son grand chantier de réforme des institutions en commençant à consulter les partis politiques, avant d'installer mercredi un "comité de réflexion" de treize membres, dont le socialiste Jack Lang. — Frédérick Florin AFP/Archives

Le chantier de réforme des institutions a démarré. Le président Nicolas Sarkozy a commencé mardi matin à consulter les représentants des partis politiques. Mercredi après-midi, il présentera officiellement le «Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République», présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur.

Mais le quotidien «Le Monde» a déjà éventé l'effet d'annonce en dévoilant l'identité des 13 membres de ce Comité. Parmi eux, des personnalités de gauche, de droite et du centre.

Quatre personnalités de gauche

A gauche, Jack Lang, ancien ministre, siègera aux côtés de Guy Carcassonne, ancien conseiller de Michel Rocard, d'Olivier Duhamel, professeur de droit et ex eurodéputé, et d'Olivier Schrameck, conseiller d'Etat et ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin.

Jean-Louis Bourlanges, eurodéputé UDF et Jean-Claude Casanova, économiste, représenteront le centre.

Luc Ferry, ancien ministre de l'Education, et Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel contribueront au nom de la droite. Quatre professeurs de droit (Bertrand Mathieu, Anne Levade, Dominique Chagnollaud, Denys de Béchillon) figure aussi sur la liste publiée par «Le Monde».

Le PS peut tout bloquer

Outre les avis des treize sages, Nicolas Sarkozy écoute les chefs de partis et donne ainsi suite aux réclamations des responsables de l'opposition. Mais, comme le fait remarquer Antoine Guiral de «Libération», ces derniers se voient ainsi «privés de [leur] principal argument pour ne pas envoyer un de [leur] représentant dans la commission de modernisation des institutions» .

François Hollande a donc rappelé, mardi matin, au Président que le PS aura les moyens de bloquer la réforme constitutionnelle… qui nécessite une majorité des 3/5ème des députés et sénateurs. «S'il s'agit d'un renforcement du pouvoir présidentiel (...) nous n'y serions pas favorable», a prévenu le premier secrétaire du PS.

La droite propose aussi

Hervé Morin, président du Nouveau Centre (NC), a fixé ses priorités: «la restauration des droits du Parlement, l'introduction d'une dose de proportionnelle pour que tous les grands courants politiques soient représentés à l'Assemblée nationale, la suppression du cumul des mandats, l'indépendance du pouvoir judiciaire.»

Aussi consulté dans la matinée, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, voudrait pouvoir punir les députés qui n'assistent pas aux séances à l'Assemblée nationale… en conditionnant leur revenu à leur assiduité