Bygmalion: Les phrases «choc» de Jérôme Lavrilleux sur Nicolas Sarkozy et son entourage

JUSTICE L’ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé s’en prend à l’ancien chef de l’Etat dans « L’Obs »…

T.L.G.

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Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013.
Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Jérôme Lavrilleux, acteur clé de l’affaire Bygmalion, accuse Nicolas Sarkozy de « se défausser » et de ne pas « assumer » ses responsabilités dans le système de fausses factures de la campagne présidentielle de 2012, dans une interview donnée à l’Obs, à paraître jeudi. L’ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé donne sa vérité du dérapage financier de l’UMP. 20 Minutes a sélectionné quatre phrases « chocs » visant le patron des Républicains et son entourage.

Pas qu’une affaire Bygmalion, mais « celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy »

Pour Jérôme Lavrilleux, l’affaire des fausses factures dépasse le cadre de la société Bygmalion. « J’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. »

Il pointe du doigt les comptes de l’UMP en 2012. « Concernant la ligne budgétaire de la présidentielle, l’UMP avait prévu de dépenser 2,5 millions d’euros cette année-là. Combien ont été finalement payés par l’UMP ? Dix millions, en plus des fausses factures de Bygmalion ! »

L’ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé indique que les « comptes ont débordé de tous les côtés », estimant que les frais de campagne de 2012 se sont élevés à 50 millions d’euros (22,5 de plafond autorisé, 18 de fausses factures de Bygmalion et 10 payés par le parti).

« C’est une affaire qui concerne la société Bygmalion. Tous ceux qui sont cités sont liés ou travaillent dans cette société », a répondu Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy sur France Info.

« Nicolas Sarkozy ment »

Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures mais à d’autres fins, entre l’UMP dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. L’ancien président estime que Jérôme Lavrilleux était au courant de l’état financier de la campagne, se basant sur un SMS de ce dernier envoyé au directeur de campagne Guillaume Lambert une semaine avant le second tour. « Nous n’avons plus d’argent. JFC [Jean-François Copé] en a parlé au PR [le président de la République]. »

« Sur ce point, c’est simple : Nicolas Sarkozy ment », répond Jérôme Lavrilleux. « Ce SMS ne concerne ni le compte de campagne ni les dépassements. Nous parlons des banques qui ont bloqué les crédits pour le candidat et le parti car elles savent que nous allons perdre. Une intervention en haut lieu a été nécessaire pour débloquer l’argent. Nicolas Sarkozy sait donc très bien à quoi cet échange fait allusion. »

« Que la justice fasse sereinement son travail et la vérité apparaîtra. (…) Nicolas Sarkozy est totalement serein sur ce sujet. Tant de choses ont été dites, contredites… Nous avançons dans une totale sérénité », a assuré Brice Hortefeux.

Sarkozy indique « avoir utilisé les moyens de l’Elysée » pour sa campagne

Autre accusation, l’utilisation illégale des moyens de l’Elysée pour sa candidature et la campagne. « Je remarque juste que, lors de sa déposition, l’ancien chef de l’Etat indique avoir utilisé les moyens de l’Elysée, par le biais de ses conseillers présidentiels, pour préparer sa candidature, puis pour mener sa campagne au jour le jour. Cela est strictement illégal et c’est très symptomatique du fait que durant cette campagne tout le monde s’est affranchi des règles ».

« Si un jour [j’ai] un accident de voiture, il faudrait faire une expertise »

Jérôme Lavrilleux reconnaît « avoir peur ». « Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique. » Il dénonce « l’intimidation » de certains sarkozystes. « Il faut être solide, car je parle de gens qui ont exercé de très hautes responsabilités ». « Je n’en ai par définition absolument pas eu connaissance », a répondu Brice Hortefeux sur France Info.