La dure semaine de Rachida Dati

POLITIQUE La ministrre a du affronter les dparts de membres de son cabinet et les révélations sur ses frères...

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Dans le jardin, un tapis vert permet aux fauteuils roulants de circuler plus facilement. Car la fête est aussi celle des "victimes" et des "héros" anonymes. 2.000 d'entre eux, choisis avec l'aide d'associations, étaient invités à la garden party.
Dans le jardin, un tapis vert permet aux fauteuils roulants de circuler plus facilement. Car la fête est aussi celle des "victimes" et des "héros" anonymes. 2.000 d'entre eux, choisis avec l'aide d'associations, étaient invités à la garden party. — Patrick Kovarik AFP/pool

Resplendissante dans sa robe rouge et couvée du regard par Cécilia Sarkozy, Rachida Datoi était tout sourire à la garden-party de l’Elysée. Pourtant la semaine a été particulièrement difficile pour la nouvelle ministre de la Justice.

Tout a commencé mardi, quand la presse a révélé que trois membres de son cabinet avaient suivi le même chemin que son directeur le vendredi précédent. A savoir: la sortie. Des départs qui seraient dus, officieusement, au caractère «autoritaire» de la nouvelle ministre et à ses manières parfois jugées abruptes ou cavalières à l'égard d'un corps judiciaire, hauts magistrats ou avocats, habitué à être traité avec déférence.

Trafic de stupéfiants

Les mauvaises nouvelles se sont ensuite enchaînées: vendredi matin, «Le Parisien» révélait qu’un de ses frères, récidiviste, Jamal Dati, 35 ans, allait comparaître mardi devant la cour d’appel de Nancy, pour trafic de stupéfiants. Et quelques heures plus tard, on apprenait qu’un autre de ses frères Omar Dati –la fratrie Dati compte 12 enfants dont 4 garçons et 8 filles- avait maille à partie avec la justice pour trafic de drogue.

Autant de coup dur pour cette femme qui n’a pour véritable soutien que celui du Président. N'ayant à son actif qu'un bref passage par la magistrature, elle ne dispose pas de réels relais dans le monde judiciaire tandis que, jamais élue, issue du sérail Sarkozy, elle ne peut pas compter sur un réseau d'appuis au sein de sa famille politique.

Visite surprise

D’autant moins que certains, à l’UMP, n’ont pas vu sa nomination d’un bon œil. En tête Patrick Devedjian qui se serait bien vu garde des Sceaux à sa place. Certains murmurent d’ailleurs que le nouveau président délégué du parti présidentiel ne serait pas étranger à ses déboires.

Aussi, c'est le Nicolas Sarkozy lui-même qui est venu à la rescousse de la garde des Sceaux. En voyage à Tunis mardi, il a assuré lui faire «totalement confiance», soulignant son parcours «tout à fait remarquable». Avant de remettre ça, jeudi, à Epinal. Enfin, contrairement aux usages, le chef de l’Etat a fait une visite surprise à la garden-party du ministère de la Justice, vendredi soir. Une façon plus que claire de faire comprendre à ceux qui veulent la peau de Rachida Dati qu’elle a le franc soutien de l’Elysée.