Crise migratoire: Angela Merkel et François Hollande lancent un appel à l'unité

EUROPE Attaqués par les souverainistes et les eurosceptiques, Angela Merkel et François Hollande ont insisté sur la nécessité d’une Europe soudée…

H.S. avec AFP

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Angela Merkel et François Hollande se sont exprimés face aux députés européens mercredi 7 octobre 2015 à Strasbourg.
Angela Merkel et François Hollande se sont exprimés face aux députés européens mercredi 7 octobre 2015 à Strasbourg. — Michael Probst/AP/SIPA

« La souveraineté, ça n’est pas le souverainisme ! ». Il aura fallu attendre un peu plus d’une heure et les interventions des représentants eurosceptiques au Parlement européen de Strasbourg, pour que François Hollande hausse le ton.

L’intervention commune du président français et de la dirigeante allemande, Angela Merkel, ce mercredi était particulièrement attendue par les élus de l’Union européenne. Le dernier couple franco-allemand à s’être rendu au Parlement étant François Mitterrand et Helmut Kohl, le 22 novembre 1989. Vingt-six ans après, les chefs d’Etats français et allemand ont rappelé la nécessité d’une politique d’asile et étrangère commune.

« Responsabilité et solidarité »

Angela Merkel et François Hollande ont lancé, côte à côte devant le Parlement européen, un vibrant appel à l’unité de l’UE face aux crises, comme celle de l’afflux sans précédent de réfugiés.

« Face à la crise des réfugiés, nous ne devons pas être tentés d’agir à l’échelle des Etats nations, bien au contraire », a estimé la dirigeante allemande. « C’est précisément maintenant qu’il nous faut plus d’Europe », a-t-elle poursuivi. « Le débat, il n’est pas entre moins d’Europe et plus d’Europe, il est entre l’affirmation de l’Europe ou la fin de l’Europe », a de son côté estimé le président français, sous les applaudissements nourris des eurodéputés.

Une réglementation jugée « obsolète »

« Se cloisonner, se fermer, à l’époque de l’Internet, c’est une illusion », a insisté Angela Merkel. « Nous devons nous en tenir à nos valeurs, si nous ne respectons pas cela, nous nous méprisons nous-mêmes », a-t-elle dit. Appelant à la solidarité entre Etats membres et avec les demandeurs d’asile, la chancelière a ajouté que les règles européennes actuelles régissant la prise en charge des demandeurs d’asile étaient dépassées.

Pour François Hollande, si « l’Europe s’est employée à sauver des vies », elle a néanmoins « tardé à comprendre que les tragédies au Proche-Orient et en Afrique auraient des conséquences pour elle ». L’UE doit mettre en application au plus vite les dispositifs sur lesquels elle s’est mise d’accord pour répondre à la crise, a-t-il insisté.

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« Nous devons mettre en place les centres d’accueil et d’identification, condition essentielle pour que nos frontières soient acceptées », a-t-il soutenu, en référence aux « hotspots » envisagés en Italie et en Grèce. Plus généralement, si l’Europe ne fait pas preuve d’unité, le chef d’Etat français a mis en garde contre « le retour des frontières nationales, le démantèlement des politiques communautaires, l’abandon de l’euro ».

L’ancien président français François « Mitterrand disait que le nationalisme, c’est la guerre. Son avertissement est toujours valable », a-t-il ajouté.