Oui, en 2011, Jean-Luc Mélenchon avait le droit de qualifier Marine Le Pen de «fasciste»

JUSTICE La cour d’appel de Paris a confirmé, ce mercredi, la relaxe dont avait bénéficié le leader du Front de gauche en première instance…

V.V. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon s'adresse aux journalistes lors d'une manifestation de soutien à la Grèce, le 28 juin 2015 à Paris
Jean-Luc Mélenchon s'adresse aux journalistes lors d'une manifestation de soutien à la Grèce, le 28 juin 2015 à Paris — LOIC VENANCE AFP

En mars 2011, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon étaient tous deux «populistes». Dans ce contexte, la cour d’appel de Paris a estimé, dans un arrêt rendu ce mercredi, que le leader du Front de gauche avait bien le droit de qualifier Marine Le Pen de «fasciste» afin de «caractériser politiquement son adversaire par un terme manifestant sa réprobation complète des idées politiques défendues par le Front national».

Comme en première instance en avril 2014, le leader du Front de gauche a donc été relaxé, en appel, ce mercredi alors qu’il était poursuivi par Marine Le Pen pour «injure». David Dassa-Le Deist, l’avocat de cette dernière a déjà annoncé que sa cliente allait former un pourvoi en cassation, estimant que ce genre d’attaque ne relève pas, par essence, du débat politique».

«Dévastateur qu’on n’ait pas le droit de le dire»

Les faits reprochés à Jean-Luc Mélenchon remontent au 5 mars 2011. Invité à réagir sur un sondage donnant Marine Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle de 2012, le coprésident du Parti de Gauche avait déclaré: «Tout ça est une guignolisation de la vie politique, absolument invraisemblable. Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir une fasciste à sa tête?» avait-il ajouté sur iTÉLÉ.

Retrouvez notre article du 5 mars 2011

Se félicitant de la décision de justice rendue ce mercredi, Raquel Garrido, avocate de Jean-Luc Mélenchon, a déclaré qu'il «aurait été dévastateur qu'on n'ait pas le droit de dire, à propos de Mme Le Pen qu'elle est une fasciste». Il s'agit selon elle d'une «liberté acquise non seulement dans le débat politique», mais aussi «pour la presse».