Polémique sur «la race blanche»: Nadine Morano veut sauver sa tête

POLITIQUE L’eurodéputée, qui assure bénéficier de nombreux soutiens, ne se rendra pas à la commission d'investitures du parti Les Républicains mercredi…

Anne-Laetitia Beraud
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L'eurodéputée Nadine Morano (Les Républicains) à Moscou le 1er octobre 2015
L'eurodéputée Nadine Morano (Les Républicains) à Moscou le 1er octobre 2015 — VASILY MAXIMOV AFP

Au cœur d’une polémique sur ces multiples propos concernant la « race blanche » en France, l’eurodéputée Nadine Morano cherche à sauver sa tête. Convoquée mercredi par la commission d’investitures du parti Les Républicains (LR) qui va sans nul doute lui retirer son investiture aux régionales en Meurthe-et-Moselle, l’eurodéputée a annoncé qu’elle avait mieux à faire.

Ce mardi matin sur France 2, Nadine Morano a déclaré préférer « assumer ses fonctions » au Parlement européen plutôt que « venir dans une commission traiter de problèmes politiciens » : « Il se trouve que mercredi le président de la République française et Angela Merkel seront à Strasbourg au Parlement européen pour s’exprimer sur la question de migrants et je serai là où je dois être, c’est-à-dire à assumer mes fonctions et donc au Parlement européen et non pas à venir dans une commission traiter de problèmes politiciens ». Jusqu’à ce jour, Nadine Morano avait pourtant assuré de sa présence à cette commission, apportant « une valise de mails de soutiens ».

« Je fais partie de ceux qui n’ont jamais manqué » à Nicolas Sarkozy

Depuis une dizaine de jours, Nadine Morano adopte deux lignes de défense : Constante dans ses propos, l’ancienne ministre se dit d’un côté victime d’une « cabale politique », et de l’autre, elle assure recevoir de nombreux soutiens populaires. Ce mardi sur son profil Facebook, elle use encore de cette ligne : « Nul n’est dupe de cette cabale politique, ni les Français, ni les élus locaux, ni les parlementaires, ni les adhérents et sympathisants de notre mouvement politique, et même des opposants, qui m’écrivent en masse pour m’apporter leur soutien », écrit-elle. Elle affirme par ailleurs avoir reçu le soutien d’un petit-fils du général de Gaulle qu’elle n’identifie pas. A Metronews, elle en appelle à son amie noire évoquée il y a plusieurs mois. « Mon amie noire, elle est exaspérée de voir ce qu’on dit sur moi ! Elle se dit : "mais alors, on ne peut plus rien dire dans ce pays !" Et en effet, certains ont la liberté d’expression de me traiter de "connasse" et moi, je n’ai pas le droit d’affirmer quelque chose de factuel. »

Chantre du parler vrai

Des soutiens qu’elle devrait exposer par ailleurs lors de la réunion du bureau politique du parti, mardi soir. Face aux « barons » du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet en tête, Nadine Morano devrait jouer à fond la carte de l’élue issue des classes populaires, chantre du parler vrai. « Je crois que les Français on ne leur parle plus, on a besoin de leur dire la vérité, et la vérité dérange », affirme-t-elle encore mardi matin.

Rares sont ceux qui, au parti, soutiennent aujourd’hui Nadine Morano. Le seul qui pourrait sauver sa tête reste le président LR Nicolas Sarkozy. Après avoir affirmé qu’elle le « dézinguerait », elle lui réserve désormais les mots les plus respectueux. Nadine Morano a rappelé ce mardi sa fidélité envers lui. « Je fais partie de ceux qui ne lui ont jamais manqué, dans les moments les plus durs où il était cloué au pilori. Après il fera ce qu’il voudra ». La menace n’est cependant pas loin.