Après les propos de Morano, des députés veulent supprimer le mot «race» de la loi

LOI L’Assemblée avait adopté en 2013 une proposition de loi prévoyant de supprimer le mot "race" du code pénal, du code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881…

20 Minutes avec AFP

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Nadine Morano (Archives)
Nadine Morano (Archives) — BEBERT BRUNO/SIPA

La polémique autour des propos de Nadine Morano sur la « race blanche » relance un débat législatif sur la suppression du mot « race » de la législation française. Des députés Front de gauche et des sénateurs du groupe Communiste républicain et citoyen (CRC) réclament ce mercredi que le gouvernement inscrive à l’ordre du jour du Sénat une proposition de loi similaire présentée en 2013.

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Eliminer ce mot comme un «outil inutile et dangereux»

Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (Front de Gauche plus des ultramarins) fait valoir dans un communiqué qu’il avait entrepris de « s’attaquer au fond du problème en mettant en cause la persistance de la notion de race dans notre législation ». 

«L'adoption par le Sénat dans les meilleurs délais d'un tel texte serait la meilleure réponse aux propos odieux de Mme Nadine Morano sur «la France, pays de la race blanche»», écrivent de leur côté les sénateurs CRC dans un autre communiqué. Ils citent le généticien Albert Jacquard pour appuyer leur démarche: «compte tenu des implications biologiques que tant d'écrits, de doctrines et de politiques ont accrochées, de façon indélébile, au mot «race», ne serait-il pas prudent de l'éliminer, comme on le fait d'un outil inutile et dangereux».

Une promesse de campagne de François Hollande

Co-écrite par les députés Front de Gauche et les députés martiniquais, réunionnais et guyanais composant le groupe GDR, une proposition de loi supprimant le mot « race » du code pénal, du code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse avait été adoptée à l’Assemblée en mai 2013.

La majorité socialiste s’était ralliée à ce texte, qui allait dans le sens des promesses de François Hollande qui s’était engagé pendant sa campagne présidentielle à supprimer le mot « race » de la Constitution. Mais cette proposition de loi n’est jamais passée devant le Sénat, ont déploré jeudi les députés du groupe GDR. Ils estiment qu'« il est du devoir et de la responsabilité du gouvernement de mettre cette proposition de loi à l’ordre du jour au Sénat ».

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