Morano-Sarkozy, une rupture en cinq actes

POLEMIQUE Depuis le retour de l’ex-président, leur relation s’est détériorée...

T.L.G.

— 

Nicolas Sarkozy (g) et Nadine Morano, alors ministre de l'Apprentissage, lors d'une visite à Metz le 1er janvier 2012
Nicolas Sarkozy (g) et Nadine Morano, alors ministre de l'Apprentissage, lors d'une visite à Metz le 1er janvier 2012 — Charles Platiau POOL

Nicolas Sarkozy lâche Nadine Morano. Le patron des Républicains a saisi la Commission nationale d’investiture pour lui retirer l’investiture en Meurthe-et-Moselle. L’ancien chef de l’Etat prend ses distances avec l’un de ses plus fidèles soutiens. Mais depuis son retour l’an dernier, leur relation avait connu quelques turbulences. Retour en cinq actes.

« Qu’il recommence ses conneries là, et je fais campagne contre lui »

Août 2014. Alors que le retour de l’ex président se précise, Nadine Morano se lâche dans l’hebdomadaire Marianne. L’ex-députée de Meurthe-et-Moselle comprend qu’elle pourrait être écartée du premier cercle. « Aujourd’hui, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, je ne le suivrai pas sans conditions ». Et ose faire l’inventaire du quinquennat. « C’était une concentration d’énarques, ce n’était pas représentatif de la France. Puis, il y a eu l’ouverture, on a signé des portefeuilles à des gens qui ont appelé à voter François Hollande en 2012 ». Elle menace : « Qu’il recommence ses conneries là, et je fais campagne contre lui. » Un mois plus tard, elle salue son retour dans un tweet.

 

« Les Français attendent d’autres priorités que la réécriture de la loi Taubira.

Novembre 2014. Nadine Morano réagit à la proposition de Nicolas Sarkozy de réécrire la loi sur le mariage pour tous. « Les Français attendent d’autres priorités que la réécriture de la loi Taubira. Le nouveau président de l’UMP devra faire voter sur ce sujet ». A bon entendeur.

Juppé, « c’est un homme d’État. J’ai beaucoup d’estime pour lui »

Novembre 2014. Quelques jours après, Nadine Morano laisse entendre qu’elle apprécie… Alain Juppé, principal rival de Nicolas Sarkozy pour 2017. « C’est un homme d’État. J’ai fait campagne pour Chirac à ses côtés au RPR. J’ai beaucoup d’estime pour lui », indique-t-elle à RTL. « Mon soutien ira à celui qui représentera le meilleur programme pour la France »

« Et toi, tu crois que tout le monde t’aime, à l’UMP ?

Décembre 2014. Sarkozy élu, c’est le temps de dresser l’organigramme du nouveau parti. L’eurodéputée refuse un poste de secrétaire nationale à la formation professionnelle et à l’apprentissage, jugeant qu’il s’agirait d’un « déclassement ». « C’est une plaisanterie, c’est indigne, scandaleux, un manque de respect à mon égard », commentait-elle dans Paris-Match. Le Canard Enchaîné décrira la scène.

« Quoi, tu me dis non ? », lance Sarkozy. « Comment tu me parles alors que j’ai tout fait pour toi ? Je t’ai nommée ministre contre tous les connards qui ne voulaient pas que tu entres au gouvernement […] Tu sais, il y en a beaucoup qui ne t’aiment pas, à l’UMP ». Nadine Morano le renvoie dans les cordes. « Et toi, tu crois que tout le monde t’aime, à l’UMP ? Moi, en plus, je suis détestée par ceux qui me reprochent de te soutenir. Ça double ma peine ». Un mois plus tard, le président LR lui trouve une place au parti.

« Qu’il songe à se présenter à la présidentielle, je le dézinguerai ! »

Septembre 2015. Lâchée par le patron LR, Nadine Morano sort les armes au Point. « Ce n’est même pas la peine qu’il songe à se présenter à la présidentielle, je le dézinguerai ! »