«Race blanche»: Morano persiste, signe, et exclut de retirer sa candidature aux régionales

POLEMIQUE La députée européenne ne comprend pas le procès dont elle fait l'objet, y compris dans sa famille politique...

W.M. avec AFP

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L'eurodéputée Nadine Morano (Les Républicains) à Nancy, le 7 septembre 2015
L'eurodéputée Nadine Morano (Les Républicains) à Nancy, le 7 septembre 2015 — Jena-Christophe Verhaegen AFP

Nadine Morano (Les Républicains) a maintenu mercredi ses propos contestés sur « la France, un pays à majorité de race blanche », excluant de retirer sa candidature comme tête de liste en Meurthe-et-Moselle aux élections régionales. Alors même que Philippe Richert, tête de liste Les Républicains en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, ne veut plus d'elle sur sa liste.

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« Evidemment que je maintiens mes propos », a lancé l’eurodéputée sur Europe 1, malgré la multiplication des condamnations, y compris dans son propre camp, assurant avoir reçu « des milliers de mails » de soutien, y compris de « gens de couleur ».

«Qu'on me crucifie»

Nadine Morano avait déclaré samedi sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché » de France 2, citant « les phrases du général de Gaulle rapportées par Alain Peyrefitte », a-t-elle précisé. « Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères ». A l’appui de ses propos, elle a de nouveau cité mercredi le général de Gaulle, dans le texte cette fois, lisant un extrait des « Mémoires d’espoir ».

« Qu’on me crucifie pour avoir cité les propos du général de Gaulle en me disant “mais ce sont des écrits anciens”, dans ce cas-là pourquoi sur le statut des réfugiés cite-t-on la Convention de Genève de 1951, pourquoi cite-t-on le texte de la loi sur la laïcité qui date de 1905 ? », a-t-elle demandé.

Si Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, le lui demandait, se retirerait-elle de la tête de liste en Meurthe-et-Moselle ? « Non, non, qu’on me fasse un procès (…). Je n’ai rien dit de répréhensible », a-t-elle répondu. « D’ailleurs je n’ai pas de plainte contre moi, je n’ai jamais été condamnée sur rien, je suis d’une probité et d’une honnêteté que personne ne remet en cause et donc je ne vois pas comment j’arriverais devant un tribunal dans ma famille politique ».

NKM, une tueuse

Nadine Morano a rendu coup sur coup aux critiques dont elle a été l’objet, particulièrement virulente envers la numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait fermement condamné ses propos.

« Quand Nathalie Kosciusko-Morizet aime à se référer à une tueuse - elle dit je suis une tueuse -, je ne pensais pas qu’elle voulait assassiner le débat démocratique. (…) Je ne savais pas qu’elle avait elle seule sa liberté d’expression et qu’elle incarnait la police de la pensée dans notre famille politique. Donc je trouve ses propos déplorables », a-t-elle lancé.

« Malheureusement ma famille politique est en train de faire le jeu de nos adversaires, je trouve cela déplorable », a-t-elle renchéri sur BFMTV.