Nadine Morano et la « race blanche »: La droite condamne mais ne sanctionne pas

POLITIQUE Malaise généralisé à droite après la sortie de l'eurodéputée samedi soir sur le plateau de France 2...

Hélène Sergent
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Nadine Morano, le 16 septembre 2015.
Nadine Morano, le 16 septembre 2015. — SIPA

« Nous sommes un pays judéo-chrétien de race blanche. » La sortie de l’eurodéputée Les Républicains, samedi soir sur le plateau d’On n’est pas couché sur France 2, a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux. Dès le lendemain, plusieurs responsables politiques de gauche ont appelé son parti et ses membres à condamner voire à sanctionner Nadine Morano pour ses propos. Or, dans les rangs des Républicains, le malaise était palpable ce lundi.

« Pas acceptable » selon Juppé

Interviewé dimanche sur BFM, François Fillon a assuré ne pas partager la conviction de son ancienne ministre mais a tenté de réhabiliter la candidate à la primaire à droite en rappelant qu’elle avait récemment visité un camp de réfugiés en Jordanie ou au Liban. Pas d’excuses en revanche de la part d’Alain Juppé.

A l’occasion d’un point presse, le maire de Bordeaux a affirmé : « La notion de race ne me paraît pas quelque chose d’acceptable ». Une affirmation partagée ce lundi matin par Bruno Le Maire sur RMC : « La France, ce n’est pas une race, la France ce n’est pas une religion, la France elle n’est pas une couleur de peau. La France c’est une idée, c’est des principes, c’est des valeurs essentielles ». Le député de l’Eure s’est toutefois refusé à sanctionner les propos de sa collègue.

Nombreuses réactions sur Twitter

Dès la diffusion de l’émission, divers responsables politiques de droite se sont également opposé à la conception nationale de Nadine Morano. Valérie Debord, députée de Meurthe et Moselle et Aurore Bergé, proche d’Alain Juppé ont immédiatement réagi sur Twitter.

 

 

 

Pas de quoi inquiéter la principale intéressée qui maintient ses propos et justifie sa sortie en faisant référence à une interview de Christiane Taubira réalisée en 1993 assurant : « Nous sommes les Créoles, nous sommes une race indescriptible, c’est merveilleux ». Retrouvé par un journaliste d’Europe 1, Maxime Laurent, l’extrait a été tronqué par Nadine Morano.

 

Dans son intégralité, Christiane Taubira expliquait : « C’est une mosaïque extraordinaire parce que nous avons en Guyane un village planétaire. Nous avons une reproduction pratiquement de la Terre entière. C’est toute notre histoire qui est comme ça. (…) C’est-à-dire que toutes les races et toutes les communautés de la Terre se sont rencontrées et leur sang coule dans mes veines. (…) Nous sommes les Créoles, nous sommes une race indescriptible, c’est merveilleux ».