Manuel Valls en conférence de presse, le 18 juin 2012
Manuel Valls en conférence de presse, le 18 juin 2012 — BORIS HORVAT / AFP

POLITIQUE

Manuel Valls nomme son action: le «social-réformisme»

«Il m’apparaît important de nommer notre action. Et j’ai tenu à la faire d’abord ici, sur le terrain, auprès de vous militants», a-t-il lancé dans un discours lors de la Fête de la Rose de Bourg-de-Péage (Drôme)...

Le Premier ministre Manuel Valls a donné ce dimanche un nom à son action : le « social-réformisme », qu’il a qualifié de « meilleure façon de faire vivre l’idéal » des forces de gauche.

Dans un discours lors de la Fête de la Rose de Bourg-de-Péage (Drôme), le Premier ministre, qui a par le passé souvent assumé ses choix du « réformisme » et de la « social-démocratie », a réitéré sa volonté « de se confronter au réel, d’agir plutôt que de céder à la facilité des postures, au mirage du grand soir et finalement à la faiblesse du renoncement ». Mais ses positions étaient souvent qualifiées de « social-libérales » par ses critiques, ce qui avait le don de le hérisser.

« Il m’apparaît important de nommer notre action »

« Il m’apparaît important de nommer notre action. Et j’ai tenu à la faire d’abord ici, sur le terrain, auprès de vous militants (…). Notre action s’inscrit pleinement dans son époque : elle est social-réformiste », a lancé Manuel Valls à ses auditeurs, rassemblés au parc Mossant. Il a estimé que le « choix courageux » fait par le Premier ministre grec Alexis Tsipras, de rester dans la zone euro au prix d’une poursuite de l’austérité, était un « enseignement » « pour toutes les gauches en Europe ».

« Dans un monde qui change plus vite que jamais, dans une France qui doit embrasser des défis inédits, nous devons savoir constamment réinventer les solutions pour répondre aux exigences du moment », a fait valoir le Premier ministre. Pour lui, le social-réformisme permet de faire face aux dérives de la mondialisation -- mondialisation qui « percute » la République « de plein fouet ». L’action revendiquée par Manuel Valls cherche à s’attaquer aux inégalités « avant qu’elles ne se forment, plutôt qu’en les corrigeant après coup, et donc forcément à la marge », a-t-il fait valoir.

« Mouvement, équilibre, cohésion. Et responsabilité. »

Le Premier ministre a opposé son action au conservatisme, qu’il soit de droite ou de gauche. Une partie de la gauche, a-t-il noté, préfère se réfugier « dans un attentisme aussi confortable que mortel ». Certains syndicats, « par principe, refusent d’avancer », notamment sur le statut des fonctionnaires. Enfin, « une partie des élites » du pays contribue à « enfermer, empêcher, entraver ». Pour lui, « assurer le social-réformisme, c’est d’abord continuer de tout faire pour la croissance, et donc de tout faire pour l’emploi ». Et cela implique de « persévérer sans dévier du cap fixé : baisse du coût du travail et soutien à la compétitivité de nos entreprises ».

« En d’autres termes : le pacte de responsabilité et de solidarité ! Tout le Pacte ! Le Pacte jusqu’au bout ! », a-t-il lancé en demandant plus « d’audace » au patronat. Manuel Valls a notamment enjoint au patronat « de prendre ses responsabilités » pour permettre à la négociation sur les retraites complémentaires d’aboutir, d’autant que la CFDT « a fait des propositions courageuses d’économies ». Pour lui, la France « n’a pas besoin de la revanche - celle de Nicolas Sarkozy- de la rupture - celle de François Fillon - ou d’un retour - celui d’Alain Juppé. Ni revanche, ni rupture, ni retour. Mais mouvement, équilibre, cohésion. Et responsabilité ».

« Nous sommes les seuls à mener une politique qui vise l’intérêt général, une politique au service de tous les Français, une politique réformiste, qui diminue les égalités (…) et améliore dans le même temps la compétitivité de notre pays », a conclu Manuel Valls, dont le discours a été salué par les applaudissements nourris des militants qui ont entonné le chant des révoltés italiens Bella Ciao.