Affaire Bygmalion: Pour Copé, la campagne de Sarkozy était «un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter»

JUSTICE Devant les policiers, l'ancien patronb de l'UMP s'est présenté comme un homme «trahi»...

20 Minutes avec AFP

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Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013.
Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux et Nicolas Sarkozy à Paris le 8 juillet 2013. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Jean-François Copé n'a pas le même souvenir que Nicolas Sarkozy de la campagne de 2012. Entendu le 28 juillet dans l'affaire Bygmalion, l'ancien patron de l'UMP l'a comparée à «un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter».

Convoqué le 4 septembre à l'Office anticorruption de la PJ (Oclciff), l'ancien chef de l'Etat a décrit une campagne maîtrisée: «l'argument d'une campagne qui dérape est une farce».

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Selon ses déclarations aux policiers rapportées à l'AFP de source proche du dossier, l'analyse de Jean-François Copé est autre: «je pense que le contexte de l'époque, celui d'une campagne très dense générant des dépenses très importantes, s'est déroulé comme un TGV qu'on ne pouvait plus arrêter, selon la formule de Jérôme Lavrilleux», son bras droit, par qui le scandale a éclaté.

«Une vérité dissimulée par (ses) collaborateurs»

Se présentant comme un homme «trahi», ignorant tout du financement de la campagne, validant le budget de l'UMP dans «ses grandes lignes», le député-maire de Meaux a expliqué avoir découvert l'affaire dans Libération, le 15 mai 2014. Avant d'en faire les frais le 27, poussé à la démission lors d'un bureau politique tenu «dans un climat de haine (qu'il) ne souhaite à personne de vivre, même à ceux qui ce jour-là s'y sont laissés entraîner».

Entre-temps, il aurait découvert, «abasourdi», les détails de l'affaire. Le 16, le patron d'Event&Cie, la filiale événementielle de Bygmalion, Franck Attal, lui aurait révélé «une vérité qui (lui) avait été totalement dissimulée par (ses) collaborateurs», notamment son bras droit.

Ce que lui décrit ce jour-là le patron d'Event, qu'il assure ne pas bien connaître, c'est un système de fausses factures. Les enquêteurs pensent que ce système a permis de mettre à la charge de l'UMP environ 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings, pour dissimuler une explosion du plafond légal (22,5 millions d'euros. Anciens dirigeants de Bygmalion, ex-cadres de l'UMP ou de la campagne, 13 protagonistes sont mis en examen.

Une «farce» pour Sarkozy

La thèse est qualifiée de «farce» par Nicolas Sarkozy qui a rappelé aux enquêteurs les liens entre Jean-François Copé et les autres responsables de Bygmalion. Jean-François Copé ne le nie pas, deux dirigeants, Bastien Millot et Guy Alvès, furent ses collaborateurs: «J'ai toujours souhaité travailler avec des gens avec qui j'avais une totale confiance».

Selon lui, Nicolas Sarkozy partageait son ignorance. Quelques jours après l'explosion du scandale, «je lui expose tout ce que je viens d'apprendre. Il m'indique pour sa part le découvrir également», se souvient-il. De manière générale, quand les deux hommes se rencontraient, c'était pour évoquer «les thèmes de la campagne», «en aucun cas (son) organisation pratique». Les questions budgétaires? «Jamais».

Pourtant, il y a ce SMS envoyé le 28 avril, entre les deux tours de la présidentielle, par Jérôme Lavrilleux au directeur de campagne, Guillaume Lambert: «Nous n'avons plus d'argent. JFC (Jean-François Copé, NDLR) en a parlé au PR (président de la République, NDLR)».

«Je validais dans les grandes lignes»

Jean-François Copé relève qu'il n'est pas l'expéditeur du message. «Je n'ai jamais parlé à Nicolas Sarkozy du financement de sa campagne, ni de son compte de campagne puisque j'en ignorais tout», insiste-t-il. Peut-être a-t-il évoqué avec le président-candidat «les réticences des banques à financer la ligne de trésorerie de l'UMP». La veille, la responsable des ressources du parti, Fabienne Liadzé, avait mis en garde contre un défaut de paiement.

Cela aurait pu l'inciter à suivre de plus près les comptes, s'étonnent les enquêteurs. Le budget 2012 du parti «a été approuvé par le Conseil national. Je le validais dans ses grandes lignes», se défend Jean-François Copé. Et de relever que l'argent du parti, c'était le domaine d'Eric Cesari, l'homme de Sarkozy à l'UMP: «Les dépenses et les engagements de dépenses relevaient du directeur général.»