Obama et le pape François affichent leur complicité à la Maison Blanche

VISITE PAPALE Le pape a souligné le rapprochement engagé entre les Etats-Unis et Cuba mais aussi la mobilisation internationale pour lutter contre le réchauffement climatique...

20 Minutes avec AFP
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Barack Obama et le pape François affichent leur complicité lors d'une visite historique à la Maison Blanche à Washington, le 23 septembre 2015
Barack Obama et le pape François affichent leur complicité lors d'une visite historique à la Maison Blanche à Washington, le 23 septembre 2015 — JIM WATSON AFP

Barack Obama et le pape François ont affiché mercredi leur complicité lors d’une visite historique à la Maison Blanche du souverain pontife, autorité morale mais aussi allié politique de taille pour le 44e président des Etats-Unis.

En accueillant le pape dans les jardins de la Maison Blanche devant plusieurs milliers de personnes, le président Obama a salué son rôle crucial dans le rapprochement engagé entre les Etats-Unis et Cuba mais aussi dans la mobilisation internationale pour lutter contre le réchauffement climatique.

« Comme fils d’une famille d’immigrés, je suis heureux d’être un hôte en ce pays »

M. Obama, qui ne cache pas son admiration pour ce jésuite argentin, dont il a loué la clairvoyance et l’humilité, compte sur son soutien pour ces deux chantiers clés -- Cuba et le climat -- à moins de 500 jours de la fin de son second mandat à la présidence des Etats-Unis.

Dans un discours prononcé sous un ciel bleu, sur les pelouses de la Maison Blanche, M. Obama a rendu hommage au « message d’espoir » porté par le premier pape argentin de l’histoire, « source d’inspiration pour tant de gens à travers le monde ». « Comme fils d’une famille d’immigrés, je suis heureux d’être un hôte en ce pays, qui a été en grande partie bâti par de semblables familles », lui a répondu le pape dans son discours en anglais, en allusion à la controverse politique sur l’immigration hispanique aux Etats-Unis.

« Une meilleure vie pour le peuple cubain »

Quant à la lutte contre le réchauffement climatique, priorité de l’administration Obama, François a également insisté sur l’urgence d’un combat « qui ne peut être laissé à la génération future ». Sur la scène internationale, « nous vous remercions pour (…) votre appel aux nations à résister aux sirènes de la guerre et à résoudre les différends par la voie diplomatique », a lancé M. Obama.

Evoquant le « soutien précieux » du souverain pontife dans le rapprochement historique engagé depuis fin 2014 entre Washington et La Havane, le président a souligné qu’il était porteur d’une « meilleure vie pour le peuple cubain ». La capitale fédérale américaine --happée depuis des mois déjà par les joutes de la présidentielle 2016-- n’a plus d’yeux ces jours-ci que pour ce pape, le premier venant des Amériques, au ton singulier, qui entame une visite de six jours aux Etats-Unis.

C’est la première fois de sa vie que Jorge Bergoglio est aux Etats-Unis. Une foule immense -- quelque 11.000 invités -- était présente sur les pelouses de la Maison Blanche pour accueillir, en grande pompe, « l’homme le plus populaire dans le monde aujourd’hui », selon les termes du vice-président Joe Biden. « C’est l’occasion d’une vie », s’est exclamée Katherine Gorman, 47 ans, qui s’est levée à 2H00 avec sa fille et ses deux petites-filles dans l’espoir d’apercevoir le pape.

Il se déplace en Fiat 500

M. Obama et François doivent se retrouver ensuite dans le Bureau ovale pour leur deuxième tête-à-tête, après celui du printemps 2014 au Vatican. Il s’agit seulement de la troisième visite d’un pape à la Maison Blanche : Jimmy Carter avait reçu Jean-Paul II en 1979 et George W. Bush avait accueilli Benoît XVI en 2008.

Fait rare, M. Obama, qui est de confession protestante, a accueilli lui-même mardi sur une base militaire le pape argentin, qui se déplace à Washington dans une Fiat 500 qui fait sensation. La Maison Blanche assure que cette visite n’a aucune visée politique : « l’objectif de cette rencontre est de donner aux deux hommes l’occasion d’échanger sur leurs valeurs communes », a affirmé le porte-parole de M. Obama, Josh Earnest.